Et la Permaculture sauvera le monde...

Réflexions sur nos conditions matérielles d’existence et le discours sur l’effondrement systémique

paru dans lundimatin#335, le 21 avril 2022

Ces dernières années, nous avons appris à nous soucier de notre environnement par de petits gestes quotidiens. On a même vu se développer tout un discours sur l’effondrement du monde auquel il serait possible d’échapper en constituant quelques îlots de bonne volonté et en apprenant à jardiner. A chacun de se sentir responsable ou coupable de sa déchéance ou de son salut. Cet article que nous publions a le mérite d’attaquer frontalement certaines des illusions charriées par certains courants de l’effondrisme et de la collapsologie. Si la critique paraît justifiée, il nous semble tout aussi important de déborder l’opposition caricaturale entre luttes « sociales » et luttes « écologiques ». D’autant que cette impasse se trouve régulièrement dépassée par le « mouvement réel », comme ce fut le cas lorsque les Gilets Jaunes proclamaient l’unité du combat contre la fin du monde et la fin du mois.

Le thème de l’effondrement systémique occupe aujourd’hui dans l’espace public, notamment dans le milieu écologiste militant, une place centrale. Ses spécialistes – collapsologues en tête – sont invités dans bon nombre de débats et de conférences qui jalonnent la cause climatique. Si le coeur de la problématique exposée par les thèses de l’effondrement est d’une extrême gravité et se rapporte non pas exclusivement à un « climaticide » mais bien à un écocide en marche, ce genre de discours et plus particulièrement les solutions qu’il préconise, semblent très éloignées d’un projet politique où l’écologie serait au coeur d’une protection sociale solidaire et généralisée qui mettrait fin au capitalisme et son fonctionnement écocidaire.

Il est proposé ici de mettre en contraste quelques unes des conditions d’existence matérielles des classes moyennes et populaires avec quelques points notables du discours sur l’effondrement systémique ; afin d’en montrer paradoxalement le caractère inclusif quand il s’agit d’expliquer la responsabilité soi-disant collective de ce désastre écologique en cours et à la fois exclusif quand il s’agit d’aborder des solutions qui convergent vers l’édification de communautés résilientes. Où la Permaculture entre autres serait un constituant parmi d’autres de ce nouveau monde que nous promettent les collapsologues, né des cendres de l’ancien monde, celui du capitalisme fossile.

Une récente enquête journalistique et sociologique auprès « des classes populaires : femmes de ménage, puéricultrices, ouvrier.e à la chaine, plombier, carreleur... » révèle que l’essentiel de leurs préoccupations s’arrime au quotidien. « Leur colère porte sur [les prix] de la vie courante, sur l’angoisse du porte-monnaie qu’on ouvre tous les jours en constatant qu‘il se vide de plus en plus vite. » Leur revendication à minima consiste en « un encadrement strict des prix des produits de première nécessité » afin de « pouvoir remplir le frigo sans y penser, pour ainsi dire, sans comparer, sans traquer l’étiquette, sans d’épuisantes heures de recherche sur Internet [1]. »

On voit bien que subsiste et s’accentue ici en France, une insécurité sociale qui se cristallise dans notre rapport à la nature des choses issues du mode de production capitaliste, Ce sont ainsi pour bon nombre d’entre nous, dans une société pourtant saturée d’objets industriels superflus, des corps psychiques et physiques qui souffrent de pénuries matérielles récurrentes. L’écrivain-ouvrier Joseph Pontus témoignait lui aussi dans son premier et unique livre « À la ligne – Feuillets d’usine » de l’impossibilité d’assouvir des désirs matériels simples comme celui de rejoindre en voiture ses amis pour aller manifester à la ZAD de Notre-Dame des Landes : « Et moi/Petit intérimaire/Petit anarchiste de godille/Je choisis le boulot/Je n’ai pas les sous suffisants pour partir une semaine à même pas deux heures de bagnole ».

Un rapport matériel à la nature qui n’a strictement rien à voir avec le matérialisme hédoniste des classes dominantes mais que condamnent le plus souvent sans nuance les discours sur l’effondrement systémique. Les propos du collaposlogue Yves Cochet [2] sont justement sans nuance à l’aune de ce qu’il annonce comme futur et destinée anthropologiques [3]. Il s’est fait le chantre d’un catalogue prospectif de désastres imminents – parmi lesquels la disparition de la moitié de la population d’Europe d’ci 5 à 10 ans. Raison invoquée : l’Anthropocène, c’est à dire toutes les activité humaines à l’ère industrielle qui sont les grandes responsables de cet effondrement qui vient. Certes, un argument scientifique aujourd’hui peu réfutable mais peut-être mal nommé [4] au regard du niveau de responsabilité des sociétés et des individus qui les composent et qui n’influent pas toutes avec la même intensité dans l’avènement non pas d’un effondrement systémique tel que l’entend ce collapsologue mais d’un écocide déjà bien entamé.

Pour l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement, la transition écologique pilotée par nos élites est une « monstrueuse foutaise ». On sera sûrement d’accord avec cette impéritie soulignée par Cochet. Par conséquent politiquement, tout est foutu. Exit toutes les thèses, analyses et réflexions sur l’écologie politique et son histoire. Mieux vaut donc anticiper, se préparer et s’adapter au choc de l’effondrement. Dans ce qu’il liste comme stratégies et moyens d’adaptation, qu’il a mis en place et en pratique chez lui, on est plongé dans le manuel illustré et pratique du Permaculteur : redondance des ressources en bois, en eau ; démultiplication des espaces vivriers – potager agroécologique et jardin-forêt,, production d’énergie et moyens de transport low-tech, entraide avec ses voisins « même s’ils sont du Rassemblement National (sic) » etc.

On retrouve la même teneur défaitiste et apocalyptique dans les discours et les livres de Pablo Servigne. Face à la certitude de ce bouleversement civilisationnel, pour ce « Jevoniste » convaincu, il faut construire dès à présent le monde de demain en édifiant des sociétés parallèles comme elles se font déjà : en gros, des écovillages peuplés de petites communautés qui seront les rescapés de demain où Permaculture, agroécologie et gouvernance locale seraient les mamelles de cet idéal de vie sans heurts et sans conflits.

Servigne comme Cochet n’ont pas l’air de bien se rendre compte de la violence symbolique d’une telle proposition : celle qui porte l’exclusion sociale à son acmé. Un rappel au discernement s’impose. Certains philosophes et chercheurs comme Pierre Charbonnier fort heureusement s’en chargent : « la vie dans les ruines n’a pas la même saveur pour tous : quand elle se manifeste à la plupart sous la forme de la précarité énergétique et de l’exclusion des biens communs (eau, air sain, transports), seule une petite minorité peut convertir cette précarité et ces exclusions en opportunités [5]. »

Cet imaginaire pro-rabhiste et « colibriesque  » qui édulcore une autre fin du – ou de ce - monde possible est très prégnant dans les discours de Servigne. Mais il ne s’inscrit nullement dans « une réorientation des luttes sociales vers un rapport de force avec les intérêts attachés au règne de l’accumulation et de la production [6]. » Par conséquent, imaginer et construire un système politique populaire et démocratique qui s’orienterait vers d’autres modes de production possibles et qui répondraient aux besoins essentiels et nécessaires des populations n’est pas à l’ordre du jour chez ce thuriféraire de l‘édification d’un monde parallèle résilient.

Puisque là aussi comme son collègue Cochet, c’est plié. Comme le montre Jean-Baptiste Malet [7], chez Servigne, on passe de « la peur » à « la joie » une fois la certitude de cet effondrement conscientisé. On semble flotter par moment dans une pathétique mais non moins sérieuse mystique « Bisounours ».

Dès lors, les discours de Cochet et Servigne, très engagés non pas dans la voie de la sobriété productiviste et consumériste – il est trop tard – mais bien dans l’économie du survivalisme petit-bourgeois et individualiste avec une inclinaison idéologique millénariste, achoppent de manière flagrante avec les témoignages pléthoriques du « frigo vide le 15 du mois. » Ils révèlent une terrible dissonance discursive. En creux, se dessine ainsi un puissant antagonisme de classe qui renvoie les préoccupations vitales des uns et des autres dos à dos.

Antagonisme qui vire parfois jusqu’au mépris de classe qu’on peut remarquer aisément dans les exposés, entretiens et conférences de Jean-Marc Jancovici, autre expert, non pas de l’effondrement mais de la sobriété énergétique. Ce polytechnicien, aussi visible dans les médias mainstream qu’alternatifs est la figure autoritaire et omnisciente des problématiques énergétiques face au changement climatique. Il ne s’agit pas de remettre en cause tout son discours vulgarisateur à propos du diagnostic et des analyses qu’il propose sur l’épuisement des énergies fossiles et les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Il est dans les grandes lignes relativement éloquent.

Sa particularité est qu’il est totalement dépouillé des différenciations sociales qui existent entre les les groupes et les individus qui composent le corps social. La sociologie n’étant manifestement pas son fort, il prend ce corps social comme un bloc monolithique. Il le rend responsable et coupable face au dérèglement climatique comme un continuum qui fait preuve d’aveuglement productiviste et consumériste. Pire encore, quand il s’agit de forcer le trait pour étayer cet amalgame un peu facile, il n’hésite pas à stigmatiser les plus vulnérables socialement. En effet, dans ses nombreuses interventions disponibles sur le web, cet entrepreneur-consultant de l’économie décarbonée a maintes fois déclaré devant un aréopage d’élites ou de futurs élites – son public de prédilection pourrait-on ajouter - que le smicard ou la personne au RSA, dans un pays industriel comme le notre, « vit comme un nabab (sic) ». Et que ça ne pourra pas durer compte tenu de l’urgence climatique.

Ce qui ne pourra pas durer non plus, pourrait-on objecter à Jancovici, pourtant spécialiste des ordres de grandeur, c’est cette asymétrie totalement délirante et disproportionnée qui existe pourtant entre le niveau de vie d’une infime partie de la population - l’oligarchie industrielle et financière – et celles précarisées de plus en plus durement – classes moyennes comprises et dont je me sens totalement appartenir. Que ce technocrate considère insistons là-dessus « comme des nababs ». À y regarder de plus près, la manière dont ces classes très privilégiées produisent et consomment - puisque ce sont elles qui détiennent en grande partie les moyens de production – ne laisse aucun doute quant à leur culpabilité et leur cupidité destructrice.

Le dernier rapport d’Oxfam et Greenpeace intitulé « Les milliardaires français font flamber la planète et l’État regarde ailleurs » révèle qu’avec « au moins 152 millions de tonnes de CO2 en une année, le patrimoine financier de 63 milliardaires français émet autant que celui de 49,4 % des ménages français. » Et mieux encore sur le plan de relance du quoiqu’il en coûte des entreprises du CAC 40, durant la crise sanitaire : « Résultat, selon le Haut Conseil pour le climat, 70 % des sommes dégagées par le plan de relance pourraient avoir “un effet significatif à la hausse sur les émissions” de CO2. » En étant un poil « grattouilleur », on pourrait aussi demander à Jancovici si lui et son collègue l’économiste Alain Grandjean par le truchement de leur société de conseil Carbone 4 pensent sérieusement sauver la planète en faisant migrer ce pharaonique patrimoine financier vers « le coeur de la finance bas carbone [8] » ?

Pour finir avec ce panorama hexagonal du discours effondriste, Arthur Keller se présente comme « consultant, spécialiste des risques systémiques et des stratégies d’anticipation et d’organisation collectives [9]. » Dans ses nombreuses conférences, Keller expose une série de processus et d’événements liés aux activités humaines qu’on peut qualifier sans ambiguïté d’écocide. Il pourrait selon lui engendrer un possible effondrement à échéance indéterminée. Ce qui sous-entend qu’il reste des marges de manœuvre possibles et en cela le distingue des collapsologues prônant la résignation défaitiste et attentiste de l’imminence catastrophiste.

Il a lui aussi clairement un discours inclusif et sans nuance concernant le degré de responsabilité historique entre dominés et dominants. Même s’il se veut critique envers les élites politiques et économiques [10] Keller affirme « [s’en] foutre à la rigueur de qui est coupable. » Et d’ajouter « nous le sommes tous et nous le sommes aussi face au futur. » Ce laconisme culpabilisant fait l’impasse sur qui porte réellement la responsabilité majeure d’un tel désastre.

Il finit donc par mettre tout le monde dans le même sac. Et laisse supposer qu’il n’y aurait plus le temps pour mettre en exergue l’historicité d’un système politique et économique coupable d’un écocide, en l’occurence toujours et encore le capitalisme qui ne sera jamais au bout de sa prédation sur la nature. Puisque sa raison d’être est bien de croitre en la pillant. Rappel qui serait nécessaire à la compréhension de ce qui nous arrive.

Les solutions que Keller préconise convergent avec celles de Servigne. On est encore une fois dans un « agir » urgentiste. Il faut aller vite en besogne et donc édifier « une société parallèle » où la Permaculture et l’agroécologie seraient l’alpha et l’oméga pour former la civilisation résiliente de demain à l’échelle locale. Toujours et encore paradoxalement dans les structures existantes du capitalisme nonobstant ce parallélisme illusoire souhaité.

On voit bien apparaître dans les propos de ces experts de l’effondrement une divergence de fond qui s’objective par la temporalité et le fatalisme accordés (ou non) à l’effondrement lui-même – imminent et inéluctable versus probable à échéance indéterminée si on ne fait rien. Avec dans les solutions proposées un point commun et de taille : celui de mener l’injustice sociale à son paroxysme en oubliant ce que sont les conditions matérielles présentes d’un très grand nombre de gens.

Pour Jancovici, c’est donc la réduction de l’empreinte carbone de manière totalisante et inclusive. Ce sont les politiques industrielles par secteur mais aussi les individus sans distinction de classe et leur mode de vie qu’il faut tirer vers la production et la consommation bas carbone [11]. Comme on l’a vu, elle est difficilement envisageable et entendable dans une telle disproportion sociale dans la mesure où c’est l’oligarchie financière et économique qui explose les compteurs de l’empreinte carbone. Pour Keller, Cochet et Servigne, leurs solutions se basent sur une organisation de l’entre-soi et une ingénierie de la survie grâce un soi-disant matelas de résilience qui amortira le choc.

Se préparer au choc dès maintenant relève en réalité d’une écologie pratique exclusive et élitiste de par les moyens et les dispositions sociales qu’elle requiert si on les met en perspective avec les conditions matérielles d’existence du plus grand nombre. Il faut être de surcroit dans une dynamique psychique empreint d’une positivité très avancée, en somme être un virtuose de l’adaptabilité et de la résilience.

Il ne s’agit pas de rejeter en bloc toutes les idées et les alternatives qui surgissent dans le cadre d’une remise en cause de nos modes de vie. Je sais de quoi je parle pour avoir fait partie de ces communautés dites écologiquement résilientes dont Pablo Servigne ou Arthur Keller disent le plus grand bien. Une vie faite de collectif, d’écovillage, de Permaculture et de tant d’autres choses expérimentées pendant plus de dix années ; faite de rencontres aussi avec d’autres collectifs existants ou en construction, éparpillés ici ou là et vivant selon des principes similaires où indéniablement la pratique écologique est centrale.

Si sur un plan strictement personnel, ce choix de vie peut constituer un genre d’émancipation peu ou prou satisfaisant, il n’en reste pas moins très marginal. Parce que pour la plupart, ce mode de vie est matériellement impossible, du moins dans les structures politiques, économiques et sociales du système capitaliste. Penser le contraire est une chimère.

Ces initiatives écologiques et communautaires ne sont dans les faits pas résilientes. La plupart dépendent encore et toujours matériellement de la division du travail internationale et du mode de production capitaliste mondialisé ainsi que de ses flux d’approvisionnement. La somme de ces alternatives ne peut constituer en soi un véritable projet politique qui s’émanciperait de la domination d’un tel système et de la servitude aux marchés en remettant les compteurs à zéro. Le discours sur l’effondrement fortement dépolitisé et qui trouve une résonance avérée chez ceux qui ont franchi le pas ou désirent le franchir, tend à faire croire le contraire.

La politique n’est rien sans l’écologie. Il a fallu plus de deux siècles pour s’en rendre compte. L’écologie politique prend tout son sens quand elle en appelle à une révolution économique et sociale qui garde le cap sur le progrès de nos conditions d’existence à tous. Et nous sensibilise au fait que ces conditions sont irrémédiablement liées aux limites de la nature elle-même. Le mode de production capitaliste tente de faire croire qu’il est aujourd’hui un bon élève et qu’il a compris la leçon. Il s’habille d’un vert high-tech rutilant pour sa communication à flux tendus...et continue ainsi à se goinfrer en tout impunité. En saccageant l’espace vital de tous les êtres vivants.

La résilience quant à elle est un leurre et ce n’est pas faire de la politique. C’est au contraire son cache-misère quand il semble ne plus y avoir d’espoir. C’est se résigner. C’est accepter l’inacceptable. « La résilience est devenue la nouvelle religion d’État. » comme le dit si bien Thierry Ribault. Elle est aussi l’allié indéfectible et pernicieux du discours des collapsologues qui en rajoutent une couche – et une sacrée ! - sur notre impuissance d’agir.

Ce n’est sûrement pas sur les ruines de l’économie fossile que naitra un nouveau monde absout et lavé de ses péchés écocidaires et dont il faudrait se réjouir, en laissant crever une bonne partie de l’humanité. L’Histoire est faite de ruptures certes mais aussi de continuités et de similitudes parfois troublantes.

Antonio Gramsci, une des têtes pensantes du communisme italien, disait à l’heure de la montée des fascismes dans l’Europe des années 1920, la chose suivante : « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à venir et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » L’Histoire a aussi montré qu’à la même époque Fascisme et Ecologie pouvaient faire bon ménage. De quoi peut-être calmer la joie post-catastrophe des adeptes de la spiritualité et du défaitisme effondristes.

Daniel Vivas

[1Pierre Souchon, Si les Classes populaires étaient écoutées, Le Monde diplomatique, janvier 2022

[2Il en existe différentes acceptions dont celle que propose Cochet lui-même : l’effondrement systémique se définit selon lui par « un processus irréversible à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne seront plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi. » Comme le remarque le journaliste Jean-Baptiste Malet dans son article « La fin du monde n’aura pas lieu » dans le Monde diplomatique d’août 2019, c’est déjà le cas avec « précisément, ce que vivent déjà des centaines de millions d’êtres humains : 821 millions de personnes sous-alimentées ; 1 milliard de personnes vivant dans des bidonvilles ; 2,1 milliards sans accès à des services d’alimentation domestique en eau potable, presque autant utilisant quotidiennement des points d’eau contaminés, 900 millions privées de toilettes.

[3Il déclarait notamment lors d’un entretien avec le média vidéo Brut sur le thème de l’effondrement : « Qui sont les gens qui vous empêchent de vivre ? Ce sont pas les chinois quand on est en Bretagne. Ce sont vos proches, vos amis, éventuellement votre famille. Vos rivaux pour la survie sont les plus proches de vous (sic) »

[4L’anthropologue et chercheur universitaire américain Jason W. Moore est le premier à avoir contester cette notion d’Anthropocène et l’a substituée par Capitalocène. Le chercheur-écologue suédois Andréas Malm l’a repris à son compte dans ses travaux qui portent sur les conditions de possibilité d’un communisme écologiste

[5Pierre Charbonnier, Splendeurs et misères de la Collapsologie – les impensés du survivalisme de gauche, Le Crieur, Revue n°13, février 2019

[6Ibidem.

[7Jean-Baptiste Malet La fin du monde n’aura pas lieu, Le Monde diplomatique, août 2019

[8L’AGEFI Hebdo titrait le 24 juin 2016 : Carbone 4 se place au coeur de la finance « bas carbone »

[9C’est sa fiche Wilkipédia qui le présente ainsi sur la base de son profil Linkedln. Ce même profil mentionne qu’il est aussi ingénieur, auteur, conférencier, formateur et consultant.

[10On s’en peut rendre compte dans la conférence ayant pour thème « La permaculture face à l’effondrement » organisé par l’association Permaculture 44 où il intervient en tant qu’expert, https://www.youtube.com/watch?v=8T7yP_VXCSk

[11À en juger par les années d’expertises sectorielles dans la décarbonation – 15 au compteur - que son entreprise Carbone 4 met au service de ses clients - ou bien encore son think-tank The Shift Project au service de la société civile - et au regard des quantités de GES émises qui ne montrent pas la moindre inflexion notamment en France, il semble que nous soyons peut-être en présence d’une énième opération de greenwashing . À moins que ce soit les pauvres et leur niveau de vie qui en soient responsables.

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