Peut-être que quelques noms pris au hasard des participants, d’une saison à l’autre, sera déjà une réponse : Alain Damasio et Ludivine Bantigny, Caryl Ferey et Corinne Morel-Darleux, Dominique Manotti et Frédéric Pagès, Olivier Le Cour Grandmaison et Fatima Ouassak, Frédéric Lordon et Jérôme Leroy, Juliette Kahane et Hervé Le Corre, Marin Ledun, Golo, Emilie Notéris… tant d’autres, plus ou moins médiatisés mais d’égale valeur pour comprendre le monde et le transformer, et dont les travaux trouvèrent bien des échos sur ce site.
Mais pour comprendre les raisons de ce chouchoutage éhonté, peut-être faut-il simplement dire que ce Festival a une âme. Par ce mot, il ne faut certes pas entendre un machin religieux, mais plutôt ce quelque chose d’intrinsèque qui relie et distingue, qui approfondit et bouleverse, et qui s’attache aux humains comme aux lieux, quelque chose qui n’est ni une identité figée, ni une essence éternelle. Aucune vapeur métaphysique mais une qualité d’être. Laissons le soin à nos chères lectrices et lecteurs des classes préparatoires, de la rue d’Ulm et du boulevard Raspail de donner à cette idée la puissance d’un concept. Nous autres, habitants d’ici ou venus d’ailleurs, qui faisons vivre les rencontres, il nous a semblé essentiel de mettre en avant ce mot dans une époque sans âme.
Et pour s’opposer à lui, par la grâce de la rencontre d’un artiste-photographe et celle du plaisir de jouer avec les expressions toutes faites qui tissent notre langue, un autre mot s’est imposé : le Coq. Le Coq, c’est d’abord, pour les francophones, l’incarnation de ce truc informe qui vient de s’illustrer avec un défilé sur la Seine « républicain et inclusif », défilé d’autocélébration de l’association de malfaiteurs internationaux dénommée CIO, du saltimbanque de l’Elysée et de la brutalité du capitalisme expulseur et pollueur. Le Coq français, c’est l’illustration de ce cynisme tranquille de la nation des Droits de l’Homme qui a tant massacré au nom des Lumières et qui se permet de récupérer la figure lumineuse de Louise Michel, qui défendit les kanaks révoltés, au moment même où cette nation enferme « en métropole » des indépendantistes kanaks. Le Coq, de ce point de vue, c’est peut-être l’incarnation de l’ennemi.
Mais c’est aussi son contraire : cette part d’animalité en nous, ce que la cage du rationnel n’arrivera jamais tout à fait à contenir (d’où notre intérêt réitéré pour le polar dont la transgression sera toujours le cœur), ce qui permet de réfuter la vieille séparation entre nature et culture, et d’affirmer que « nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend »). Le Coq, c’est ce qui nous regarde, nous et nos entreprises, et qui nous décontenancera toujours.
Ce n’est donc point un hasard si, sous le regard du Coq, celui qui veut prendre le pouvoir dans les trois ans (et qui a déjà bien commencé), et celui qui lui résistera, on présentera notamment ce livre collectif : Stop, 68 artistes s’engagent, dont le projet initial est ainsi décrit : « …il est parfois nécessaire de s’arrêter un temps, pour imaginer un autre futur, refonder une collectivité, une communauté basée sur l’interdépendance et le respect. Nous, les autrices et les auteurs, face à l’urgence, considérons que nous vivons une époque où la littérature est appelée à se positionner. »
LES ECRITS D’AOUT 6e édition à EYMOUTIERS (87) 12, 13 et 14 août 2024
« DU COQ À L’ÂME »
« DU COQ À L’ÂME »
EXPOSITIONS :
En très grand format sous les arcades de la mairie ou en plus petit dans quelques vitrines, les COQS de de Rémy Comment nous regardent et nous interrogent : « Les humains ont-ils une âme ? ».
A la bibliothèque et à la librairie Passe-Temps, exposition de Mouloud Zoughebi, Impressions noires (portraits en noir et blanc d’auteurs de polars) à voir jusqu’à septembre 2024.
Table de librairie : La Limou’zine sous les arcades.
Et aussi food-truck le plateau d’Emile, les 13 et 14 août
Lundi 12 août : L’âme du lieu
C’est l’âme de toutes les personnes qui sont ici. Parmi elles, certaines écrivent, dessinent, traduisent, éditent, relient, performent ; venez les rencontrer à partir de
16h30 Rencontre à propos de récentes publications et oeuvres de « gens d’ici » : Patrick K Dewdney, Camille Ullrich, Florent Tillon, Serge Quadruppani, Christophe Léon, Chloé Lefèvre, Philippe Colin, La Crix (Christine Dècle)…
Puis auberge espagnole.
21h Théâtre Dans mon cœur fume un marchand de brochettes de et par Sophie Roussel
Mardi 13 août : Les âmes noires
11h-12h Dominique Lagorgette auteure de Pute : histoire d’un mot, d’un stigmate, interviewée par Sophie.Roussel
Sous le marrainage de Michèle Pedinielli :
14h Natacha Levet (Le roman noir, une histoire française) et Michèle Pedinielli auteure de polars politiques, (Boccanera) : interview croisée à propos de romans noirs.
15h30 Table ronde avec Anouk Langaney (Clark), Cecilia Castelli (Peupler la colline), Séverine Chevalier (Une campagne) et Michèle Pedinielli
17h30 Rencontre autour de STOP, 68 artistes s’engagent, ouvrage collectif avec A. Langaney, M. Pedinielli, S. Quadruppani
19h30 Pauline Savary Tour de chant à la bouilloire
Apéritif des Ecrits d’Août
Mercredi 14 août : Les âmes, les armes, les larmes d’un si proche Orient
10h visites des expositions
11h : Bye bye Tibériade de Lina Soualem, au cinéma Jean Gabin
Sous le marrainage de Fabienne Messica :
15h 16h30 : Antisémitisme et islamophobie d’hier et d’aujourd’hui avec Jonas Pardo (Petit manuel de lutte contre l’antisémitisme), Haoues Seniguer (La République autoritaire. Islam de France et illusion républicaine) …
17h-18h30 Palestine : l’âme et la plume avec Zac Deloupy (Amour et sexe en terre promise), Karim Kattan (Le palais des deux collines), Anas Alaili (Etreintes tardives)
Soirée :
Banquet, sur réservation.
Concert : duo Amazzia. flûte et guitare.






