L’urbanisme s’implante dans les villes, dans les villages :
un grand désert aux ailes coupées – place nette !
La normalité impensée dirige nos peurs,
ensevelit nos errances. L’uniforme est livré à domicile
avec ses grilles de programmes et ses écrans nomades
pour ne plus en sortir.
Et voilà que nous votons pour des solutions…
Catéchisme des solutions et cette boucle infernale
quand les choses continuent à suivre leur cours.
Ce n’est donc pas l’histoire qui se répète,
mais nos accommodements avec le pouvoir.
L’inculture colle à la peau – péché d’accoutumance.
Soit on entre dans la cage de la compétition
et c’est le premier cercle…
On solde sa chance aux tenailles des garanties à vie,
des suicides aménagés avec contreparties –
tous nos désirs hors-sol !
Soit on devient minoritaire…
Quelque chose passe dans la clandestinité, demeure
non répertorié. Un savoir farouche,
une clairvoyance à fleur de peau, les mots de la terre
comme preuve, vitale, béante :
on ne remplace pas une forêt rasée et son écosystème
en replantant le même nombre d’arbres !
Les jours s’affaissent. Les émotions sont faussées.
Je me heurte partout à un jeu de chiffres,
au rendement assourdissant du contrôle social.
Je ne veux pas d’un corps de rechange, ni d’une vie
en réalité virtuelle pour ne plus rien sentir
de la séparation, de la perte, de la mort.
Mon vote animal… mon vote embruns, algues, rochers –
trace d’un parti imaginaire, inloyal à toute logocratie.
J’ai mis un caillou au fond de mes chaussures pour garder pied
et mémoire sensible. Je sens la sève passer sous l’écorce –
sans la terre et ses soulèvements… pas de nous !
Je n’ai d’autre ambition que de porter haut ce destin bigarré :
loin de tout communautarisme, une traversée des langages –
devenirs minoritaires indéfiniment relancés.
À Paris, le 11 juillet 2024
Natanaële Chatelain






