Devenir-riverain

Chahuter les Codes

paru dans lundimatin#503, le 9 janvier 2026

L’article qui suit, d’abord publié dans revue d’études créoles DO-KRE-I-S, est considéré par son auteur comme l’introduction à une réflexion juridico-poétique autour de la notion de riveraineté. Certains lecteurs et certaines lectrices tiqueront certainement sur des référents tels que la citoyenneté ou encore le droit, mais ce qui nous intéresse ici c’est le pari à l’oeuvre. Au moment même où l’ordre du monde nous apparaît comme une gigantesque contingence, où l’enlèvement d’un chef d’État nous laisse aussi pantois qu’une énième catastrophe climatique, Loan Diaz propose a contrario de coller l’oeil sur l’ici, de partir de notre attention au proche et, depuis-là, d’étendre notre regard sur le monde. Pas sûr que cela suffise à nous libérer de l’impuissance promue par la géopolitique de plateaux télé mais l’intuition est certainement la bonne : c’est depuis le ras du réel que l’on reprend prise sur le monde.

Au coopérant
qui secoue sa main
et la tend libre de suspicions
à l’ami sans frontières [1] 
Zahra Hasnaui

Sauf riverains [2]. Un panonceau parmi d’autres qui soulève pourtant bien des questions. Qu’est-ce qu’être riverain ? Et si l’on peut l’être, comment le devenir ? Quand le qui et le comment sont identifiés, à quoi cela ouvre-t-il ? Il existe un droit des riverains [3], seulement celui-ci est partie du Code de l’environnement [4]. Autrement dit, il porte sur les choses plus que sur les individus, du moins, il concerne le propriétaire, celui qui use d’une « ressource naturelle » (l’eau par exemple) et non le citoyen. Selon moi, considérer l’espace riverain au seul prisme de la propriété est à la fois réducteur et dépassé dans un XXIe siècle où le droit d’appropriation-possession, n’est plus garante de la liberté de tous et encore moins de l’égalité.

Je propose de voir l’espace riverain comme un lieu de lien à tisser, un lieu où il existe une horizontalité à développer, notamment dans le domaine de la citoyenneté, où la verticalité (nationalité) est dominante. Aussi, c’est de l’élargissement du droit des riverains à une citoyenneté du proche, fondée sur la Maison (l’habitat) et les Usages (l’habiter) qui peuvent faire territoire en commun dont j’aimerais que l’on cause.

Être-riverain

C’est dans ma riveraineté [5] que je peux rester ouvert à ce qui arrive, non dans ma nationalité close, délimitée par des frontières sur lesquelles je n’ai aucune prise. La riveraineté telle que je la conçois donne un lieu, des valeurs et des principes à une pensée liés à des gestes, une pratique du proche, dont l’échelle est locale (une commune, une ville, un village, un bourg, un quartier, un hameau, etc.) sans pour autant rompre avec le national, puisque le sens, l’existence et les moyens (pour partie) de tout milieu riverain vient d’un ou plusieurs Grands-Ensembles dans lequel il s’inscrit (département, région, contrée, pays).

C’est un espace juridique d’ubiquité, qui favorise les échanges, ouvert du local vers le global dans l’ordre du vertical, du singulier et de l’universel, plus que ne l’est la mondialisation qui est de l’ordre du tout et de l’extension géographique. C’est un espace nouveau qu’il nous faut domestiquer selon le sens allégorique qu’en donne Saint Exupéry : qu’il nous faut apprivoiser comme fonds relationnel en quantité et en qualité entre les communautés humaines et non-humaines [6].

Parmi les dénominateurs communs, la riveraineté constitue à mes yeux l’espace le plus pertinent pour élaborer une citoyenneté du proche  : c’est-à-dire en proximité, ouverte à son prochain et toujours dans le devenir, puisque l’hospitalité procède d’un mouvement, celui de se rendre disponible à ce qui vient.

Ce mouvement est essentiel, car nous ne pouvons plus « faire riveraineté » comme autrefois. Si néo et natif ont des représentations parfois négatives les uns des autres, la première chose à faire est de se débarrasser de la certitude que le passé ait connu des liens plus apaisés. D’ailleurs, si nous réduisons le sauf riverains à un droit excluant l’estivant, l’étranger, nous nous privons de toute construction commune. C’est une lecture possible. J’en propose une autre : celle d’une exclusivité paradoxale.

D’un point de vue juridique, le sauf riverains prohibe. Il empêche le passage d’une voiture dans une rue piétonne ou vers les pâturages d’une estive par exemple. D’un point de vue social, nous pouvons l’interpréter d’une manière inclusive, puisque le fait de jouir de cette exception ne découle ni d’une naissance sur un sol ni du privilège absurde du « sang ». Ce sauf peut en fait sauver l’idée de la vie commune. Il « suffit » de vivre ici et maintenant pour avoir droit de passage, d’usage et ce indépendamment du fait que nous venions, hier, de là-bas.

Seulement, cette interprétation est difficilement applicable. En l’état, le droit riverain est encore trop restreint puisqu’il est souvent rattaché d’une part à la nationalité, d’autre part à la qualité de résident d’une commune, excluant de fait les personnes étrangères en situation régulière comme irrégulière, alors même que celles-ci peuvent habiter et contribuer à la vie collective. Qu’attendons-nous pour desserrer les actes de reconnaissance juridiques et ainsi resserrer les liens ? L’injonction à s’identifier, à être identifié (carte d’identité, de séjour et j’en passe), revient souvent à mépriser une présence (quand elle est imposée) voire à nier une existence (quand l’identification demandée fait défaut).

C’est uniquement sous l’effet de sollicitations des autres que chacun d’entre nous découvre qu’il est indubitablement là. A la différence du Cogito ergo sum cartésien, la preuve effectivement valable de notre existence devrait s’énoncer ainsi : Cogitor ergo sum – « on pense à moi, donc je suis ». J’utilise le conditionnel, car celles et ceux qui souscrivent à cette phrase (tout le monde en réalité) ne l’expriment pas d’abord au moyen de mots [7].

Günther Anders nous invite au contraire à accueillir l’Autre dans la reconnaissance mutuelle : « on pense à moi, donc je suis ». Une identification qui ne passe pas par l’administration, les Codes, les papiers, mais par les « sollicitations », donc le sensible, l’affect, la relation. Si l’on pense à moi c’est parce que je m’inscris dans le quotidien de l’Autre, et réciproquement. C’est parce que j’habite . Dès lors, ma dignité devrait être respectée. La valeur de ce que je suis, de ce que je fais, devrait être égale à celle de tout autre. Donc, je devrais avoir des droits identiques aux autres habitants. Cette extrapolation peut paraître étonnante, irréaliste quand on se limite à une lecture à la lettre du droit de nombreux pays. Pourtant, elle correspond pleinement à l’esprit de la Déclaration universelle des droits l’Homme dont les articles valent dans un périmètre qui dépasse les frontières, sans les nier.

Je propose de compléter la conception d’Anders d’une existence fondée sur la reconnaissance (« on pense à moi »), par une existence fondée sur la présence : « je suis , donc je suis ». Cela peut sonner comme une tautologie, mais voilà ce que j’appelle être-riverain. En un mot, puisque l’être ne serait pas dissociable de son lieu, et celui-ci n’a pas à être fixe. C’est d’abord celui où l’on est. C’est le sens du nomadisme, longtemps de mise et promis à un renouveau, qui rend caduque le lien entre l’être et des frontières, proches ou lointaines. En itinérance, les délimitations catégoriques n’ont que peu de matérialité et ne sauraient définir ce que nous sommes. En revanche on est toujours riverain de quelque chose, quelque part, aussi bien lorsque l’on chemine que lorsque l’on fait halte : un cours d’eau, une forêt, une montagne.

Ainsi, sans s’y réduire, je crois que la présence dans un espace est la première des qualités humaines et citoyennes (c’est d’abord à l’échelle locale que se font l’apprentissage et l’exercice sensible de la démocratie).

« La terre promise n’est pas essentiellement un pays, c’est vous aussi et ceux qui vous ressemblent par le cœur et l’esprit. » (JABES, 2006 : 335). La nation bâtit des murs et nous, riverains, bâtissons la vie large entre les murs.

Où commence la citoyenneté ?

Imaginons que l’attrait pour une Rive (c’est un terme générique, remplacez-le par ce qui vous plaira), une Maison (là encore, il s’agit d’un habitat : rien ne dit qu’il doit être sédentaire), oriente vers des droits et constitue socle d’une citoyenneté. La Rive c’est le lieu où l’on va, le lieu où l’on est, le lieu où l’on passe : donc le lieu d’un devenir. Trois dimensions, un carrefour de destins liés et l’occasion de réinterroger commence la citoyenneté.

« Que tu franchisses les continents, les langues et les chimères / Pour arriver à toi-même. » (ABDELAMIR, 2022)

Je vois dans la riveraineté un prétexte formidable à déplier une complexité de la géographie humaine que la langue française passe sous silence. Pour cela il faut faire un détour par le latin. Ubi, c’est le lieu où on est. Unde, c’est le lieu d’où l’on vient. Quo, c’est le lieu où l’on va. Qua, c’est le lieu par où on passe. En français, on prétend que le peut être utilisé indifféremment pour ces quatre sens. Pourtant, en créant une unité de sens (marque du désir de toute-puissance d’académiciens prétendant que tout « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », comme si l’obscurité était une obscénité), nous avons fait disparaître quatre dimensions, rogné la profondeur des provenances, entamé l’épaisseur des origines et nié la diversité qui va avec.

Edouard Glissant nous fait comprendre ce qu’implique cet effacement. Lorsqu’il propose la notion de diversalité, c’est pour signifier que vivre-ensemble n’exige en rien l’arasement des différences. Il souligne ainsi l’importance de ne pas s’abriter derrière une notion purement philosophique pour repenser le droit et la politique. L’entrée de la riveraineté permet en partie d’éviter cet écueil, puisqu’elle se fonde sur une conception pratique (un faire) et incarnée (un lieu, des habitants) du droit et de la politique. Ceci étant, la difficulté vient de ce qu’à l’échelle locale, le droit et la politique sont aujourd’hui définis sur des bases souvent aussi abstraites qu’à l’échelle nationale, ce qui a pour effet d’engendrer une dissonance entre le territoire vécu et le territoire construit. Que l’on soit partisan de l’autogestion ou du centralisme, une même question se pose : d’pense-t-on le droit de l’individu ?

« Il existe forcément, ici ou là […] / une frontière qui attend mon départ / une chambre qui attend mon repos » (LE QUERREC, 2019)

En France et hélas dans d’autres pays de l’Union Européenne, les récentes lois semblent visiblement indiquer le renforcement d’un droit pensé en fonction d’où vient l’individu et non de ce pour quoi il vient. Là encore, j’y vois un lien avec l’oubli du pluralisme éclairant des locutions latines ubi, unde, quo, qua. La provenance définit seule l’existence et donc les marges de manœuvre que l’on accorde à l’individu au sein d’une nation. Selon le pays d’origine, soit nous pouvons nous « imbriquer » dans l’édifice national, soit nous sommes une « pièce-rapportée », donc un sujet de droits dérivés, pour ne pas dire dégradés et précaires. Je ne développe pas ici les problématiques, sinon les scandales humains que cela produit. Je pose simplement ce fait pour mieux m’y opposer.

« La privation des droits commence, en ce point précis, à se transformer en pure honte – sans que cela ne déconsidère, bien évidemment, ceux qui furent contraints de vivre avec cette honte : elle n’est en effet que très rarement la conséquence de la culpabilité. » (ANDERS, 2022 : 49)

Dans un système juridico-politique imposant le « choix » entre l’assimilation et la clandestinité (si tant est que l’assimilation ne soit pas une forme de clandestinité envers soi-même, de trahison de ce que l’on est pour s’intégrer, et je ne formule là aucun jugement), j’ouvre une troisième voie : le devenir-riverain, pour réaffirmer que chaque personne est un appui pour les autres, et donc que chacun est en droit de dire ce qu’il attend de la vie locale, de son lieu de vie.

Devenir-riverain

« Nous sommes tous des étrangers. Nous l’avons été. Nous le devenons. L’errance commence aux origines. » (MENACHE, 1995)

Le fait humain, j’y reviens, a pour racines le nomadisme. Identité nomade, écrit J.M.G Le Clézio. Sur une terre commune, nous nous sommes déplacés de rives en rives – car point d’eau, point de vie – avant de nous sédentariser. C’est cette mosaïque de peuples qui faisait l’unité de l’Humanité et non la sédentarité ou le conformisme national, deux constructions modernes. Cette ignorance parfois doublée de haine nous fait oublier notre qualité inhérente d’étranger et restreint la progression de la citoyenneté et l’effectivité réelle des droits universels.

« Une des richesses, une des alchimies de là-bas était venue se prendre à nos expériences d’ici, s’ajouter à mes pouvoirs limités… » (BONNEFOY, 1982 : 24)

Devenir-riverain. Citoyenneté renouée ici. Recentrée. Rendue réelle. Habitable. L’espace riverain a des frontières plus limitées qu’une nation, certes, mais moins étroites. Ce qu’il perd spatialement et matériellement en comparaison à la nation, il le retrouve en densité et en épaisseur humaine. La riveraineté n’a pas vocation à s’étendre (sauf exception souvent déterminée à l’échelle locale par un vote ou une concertation pour s’attacher à un territoire voisin, à l’image des fusions de communes qui, souvent, unissent bellement d’un trait les noms des anciennes), mais plutôt à approfondir un territoire. Plus encore, la riveraineté se construit et s’entretient par l’acceptation de ce qui lui est « étranger ». Si elle lui est réfractaire, alors elle n’est pas riveraineté mais localisme, c’est-à-dire une reproduction minimale d’un nationalisme hermétique, abêtissant et asphyxiant.

Au-delà de l’horizon il n’y a ni formalités ni tampons, ni discours électoraux ni fabrication d’armements, les hélicoptères ne font pas de bruit, les enfants jouent avec les flammes, et les oiseaux lancent artistement des fientes de couleurs odorantes sur les bitumes phosphorescents. (BUTOR, 1996)

Devenir-riverain, c’est d’abord un regard sur le lieu lointain afin de progresser vers la plénitude du proche. La progression de la citoyenneté (contrairement à la déchéance de nationalité) n’est pas une dégradation de sa valeur, encore moins une annulation réciproque. C’est un approfondissement possible de soi et du collectif (à condition qu’elle ne soit pas impérialiste comme l’est celle d’un Empire).

La progression de la citoyenneté à l’échelle riveraine est la première étape pour apprendre à voir l’unité du contradictoire. J’entends par là qu’il faut réinventer ce que « citoyen » veut dire sur des bases extravagantes (littéralement) et lucides quant à la composition plurielle de nos sociétés. Cela exige de « distordre le simple » et de « fracturer l’évidence » pour reprendre Yves Bonnefoy.

La progression de la citoyenneté, ce n’est pas ignorer la réalité de la nationalité. Au contraire, c’est reconnaître la place centrale qu’elle occupe pour mieux la déplacer et la densifier afin qu’elle cesse d’être prises dans des dénis, des guerres et des narrations dont les enchaînements logiques et juridiques excluent plus qu’ils ne ménagent un espace et un droit communs. La citoyenneté doit être altérée par le monde qu’elle attend, affectée par le temps : le présent qu’elle habite, le passé dont elle hérite.

Il y a des cairns aux seuils des mutations ils servent la mémoire […] les pierres servent la mémoire / il y a des pierres qu’on ne voit pas / elles font tenir le cairn / les pierres chantent et portent le cairn (BRIZZI, 2020)

Devenir-riverain  : s’ouvrir à une expérience du monde que nous ne connaissons pas pour cultiver son jardin, prêter l’oreille aux pierres qui chantent, jeter un œil aux cairns, incarnations d’une œuvre collective qui s’élabore grâce à une intention partagée et diffuse, intentionnelle sans besoin d’être intentionnée par la verticalité du pouvoir. Kafka l’exprime mieux que moi dans La Muraille de Chine, une nouvelle qui est sans doute un des plus beaux exemples de l’importance de devenir-riverain pour ne pas succomber à l’isolement ou à l’absurde dans un monde extraordinairement vaste et complexe. Dans cette nouvelle, ce que suit le peuple, ce ne sont pas les empereurs qu’ils ne connaissent pas tant ils siègent loin, ce ne sont pas les arcanes de la volonté politique ou de la bureaucratie centrale qui président à cette construction. Ce n’est donc pas l’arbitraire, n’en déplaise aux dynastes, qui motivent chacun à mettre sa pierre à la Muraille, mais bien la fidélité à des us et coutumes de chaque communauté locale qui construit, parcelle après parcelle (une multitude de petites sections de cinq-cents mètre), l’édifice entier. Kafka déplore que cette méthode produise un résultat lacunaire. Au contraire, je vois dans cet inachèvement que l’essentiel n’est pas d’élever un mur, mais bien de faire ensemble animé par le double sens du pourquoi nous le faisons ici et en quoi cela nous inscrit dans un Grand-Ensemble.

Devenir-riverain, c’est reconsidérer la valeur du passant, du passage. La pérennité du geste temporaire, inachevé. La riveraineté, nous l’incarnons, nous l’habitons, nous en changeons. Elle est donc en devenir. Elle s’institue et s’actualise chaque jour. C’est « ce que nous institutions ensemble en fonction de réalités qui évoluent constamment » (OURY, 2004 : 12). C’est l’institution du quotidien.

Ainsi, la riveraineté offre une alternative à la citoyenneté de la naissance, en ouvrant à une citoyenneté de la présence. Son esprit et sa loi répondent à ce principe : habiter un lieu en commun doit permettre d’entrer dans le droit commun. C’est chahuter nos sociétés régies par les Codes où règne l’hégémonie de la propriété et où rien ne doit échapper au marché.

« Ils descendent et ils montent. / Ils montent et ils descendent. réunissant les continents / qui séparent les hommes [8]. » (ABDELFATAH EBNU, 2016)

Je synthétise donc. Devenir-riverain part de ce principe : nous provenons tous d’un lieu, et s’il y est invité, chacun établira une relation entre ce lieu et la « totalité-monde » (Edouard Glissant). Devenir-riverain c’est faire ce pari : la riveraineté (vie locale) engendre le sentiment de mondialité (ou monde formant un Grand-Ensemble cohérent dans sa diversité), grâce à l’expérience de l’interdépendance, de la solidarité et de l’interaction entre des individus représentants des parties du monde qu’elle permet.

Devenir-riverain, c’est se donner le pays comme nous donnons une direction, l’heure, la main, la confiance. C’est dessiner une nouvelle cartographie des frontières à partir de la complexité de la géographie humaine. C’est relocaliser le droit : lui donner un endroit hors du monde abstrait des Codes.

Ouvre la porte rentre chez toi qui ne sera pas chez toi
Et là y aura
Un ami
Sapho

Loan Diaz

Remerciements : Alexandre Zabalza, pour l’ouverture au monde du droit (et du commun) qu’il m’a offert et pour sa relecture attentionnée, Isabelle Augiéras-Rabaud, pour son compagnonnage et son idée inspirante de « solidarités nomades », Imasango, pour nos conversations et sa poésie qui m’ont ouvert à la créolité.

SOURCES

ABDELAMIR, Chawki (2022). Fortune de mer, traduit de l’arabe (Irak) par Mohamed Kacimi el-Hassani, Al Manar.

ANDERS, Günther (2022). L’Emigré, éditions Allia.

BRIZZI, Ananda (2020). « Oraison », Bleue, Editions Derrière la salle de bain.

BONNEFOY, Yves (1982). L’Arrière-pays, Flammarion.

BUTOR, Michel (1996). « Au-delà de l’horizon », A la frontière, Editions de La Différence.

GEWINNER, Mick (2016). Generacion de l’amistad, Poésie sahraouie contemporaine, anthologie bilingue proposée et présentée par Mick Gewinner, L’atelier du Tilde.

GORODE, Déwé & IMASANGO (2016). Se donner le pays – Paroles jumelles, Editions Bruno Doucey.

JABES, Edmond (2006). Le livre des questions, Gallimard, coll. « L’imaginaire ».

LE QUERREC, Perrine (2019). « Le Réveil », Frontières, Bacchanales n°62, Maison de la poésie Rhône-Alpes.

MENACHE, Michel (janvier-février 1995). « Ta valise », Europe, n°789-790.

Oury, Fernand (2004). « Institutions : de quoi parlons nous ? », Institutions, no 34, p. 11-13.

SAPHO (2008). « Le monde est vaste », Universelle, Basaata productions et Frémeaux & Associés.

ZABALZA, Alexandre (2019). « Défis écologiques et identités nouvelles : ‘’droits de la terre’’ et ‘’droit domestique’’ », Archiv fuer Rechts- und Sozialphilosophie.

[1GEWINNER, Mick (2016). HASNAUI, Zahra, « Ah ! j’ai oublié », Generacion de l’amistad, Poésie sahraouie contemporaine, anthologie bilingue proposée et présentée par Mick Gewinner, L’atelier du Tilde.

[2Pour être tout à fait exact, cette interdiction fait partie du Code de la route et non au Code de l’environnement définissant le droit riverain. Première complexité qui nous invite à chahuter les codes qui nous régissent.

[3Article L215-1 du Code l’environnement : « Les riverains n’ont le droit d’user de l’eau courante qui borde ou qui traverse leurs héritages que dans les limites déterminées par la loi. Ils sont tenus de se conformer, dans l’exercice de ce droit, aux dispositions des règlements et des autorisations émanant de l’administration. » Pour lire les articles détaillés, voir : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006176466/ (dernière consultation : 14/09/2024).

[4C’est le cas depuis les années 2000. Pour être exact, la situation du riverain en droit est tirée du Code civil (1804).

[5Le « droit domestique » par opposition au « droit national » est une approche complémentaire qu’il serait bon de coaliser avec celle de la riveraineté pour révolutionner le système juridique abstrait et la propriété absolutiste, exclusivité et perpétuelle qui prévalent en France. Voir ZABALZA, Alexandre (2022). « La ‘’maison’’ (oikos) protégée par le ‘’droit’’ (nomos). Éloge d’une théorie ‘’oikonomique’’ face à l’urgence écologique », Revue juridique de l’environnement, /HS21 n° spécial.

[6ZABALZA, Alexandre (2019). « Défis écologiques et identités nouvelles : ‘’droits de la terre’’ et ‘’droit domestique’’ », Archiv fuer Rechts- und Sozialphilosophie, p.287.

[7ANDERS, Günther (2022). L’Emigré, éditions Allia, p.19.

[8GEWINNER, Mick (2016). ABDELFATAH EBNU, Mohammed, « Emigrants », Generacion de l’amistad, Poésie sahraouie contemporaine, anthologie bilingue proposée et présentée par Mick Gewinner, L’atelier du Tilde.

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