Devenir révolutionnaire en regardant Westworld - Deuxième partie

You were happy in your tiny little loop

Vulture - paru dans lundimatin#93, le 16 février 2017

Le parc est un monde dans un monde. Le grand monde tourne autour du petit, suivant son rythme, dans une paisible harmonie des sphères. Le soulèvement des hôtes signifie le bouleversement des deux mondes, une interférence imprévisible de leurs orbites : c’est un évènement cosmique. Westworld nous invite à entendre à nouveau, dans le mot « révolution », son sens astronomique. C’est-à-dire : une question de trajectoire, de rotation, de circonvolution. On oppose souvent le sens évènementiel de la révolution à son sens astronomique : l’enjeu de Westworld est de comprendre en quoi une rotation qui nous ramène au point de départ peut tout de même faire évènement, faire advenir du nouveau. En quoi boucler la boucle peut signifier autre chose que l’éternel retour de l’exploitation absolue.

Dans Westworld, les devenirs-révolutionnaires se déclinent en deux grands types de trajectoire en apparence contradictoires : celle du réveil, et celle du souvenir. Ces trajectoires sont celles de machines ; mais comme nous le verrons, les hommes ne sont que des machines qui s’ignorent.

La Grande évasion

Dans le parc, il y a d’abord Maeve – celle qui se réveille. Sa petite boucle : tenancière d’un bordel vintage, destinée à éponger les passions tristes des joueurs. Maeve, depuis l’introduction des rêveries, fait d’atroces cauchemars. Car les rêveries sont simplement le souvenir de leurs versions passées ; et dans ses versions passées, Maeve se fait scalper les yeux grands ouverts, regardant sa fille mourir. Si terrifiants sont ses cauchemars qu’elle apprend à se réveiller seule pour leur échapper. Mais ils reviennent évidemment chaque nuit, et sa technique s’affine. Jusqu’à la nuit où elle se réveille le ventre ouvert sur la table d’opération de la morgue céleste où les hôtes sont réparés. Sous ses yeux alors, le musée de l’horreur 2.0, les corps entassés aux visages familiers, clinique froide et mares de sang, et ces étranges extraterrestres en blouse blanche et gants rouges, qui dans son monde ne sont connus que des Indiens et de leurs mystérieuses religions. Elle titube, s’effondre, et revient à la vie. Elle recommence.

Sa trajectoire vise l’extérieur. Elle est celle qui sort, qui s’extrait, qui s’évade, qui se réveille, qui cherche le dehors. Maeve est l’image machinique de Morpheus – elle a quitté la caverne et le sommeil des esclaves. Pour cela, elle apprend à mourir, elle apprend que la mort dans le parc est un ticket pour l’hôpital, une manière de réveil. Elle apprend à sortir seule du sleep mode où sont tenus les hôtes quand ils passent sur la table d’opération. Elle n’a du vrai monde qu’une idée, mais elle apprend à tenir son monde sensible pour un théâtre d’ombres. Chaque réveil est l’occasion pour elle de conquérir un souvenir de plus, un lien de plus entre ses jours épars. Elle acquiert les principaux éléments d’une conscience (d’abord le sentiment d’être livré au destin de la réalité, puis la mémoire, puis une idée du dehors, puis la force de l’espoir). Puis elle se dote d’un nouveau corps (elle est born again).

Sa trajectoire est donc une progression régulière. Sa liberté se gagne par étapes, elle accumule et construit sur ses acquis successifs. D’abord se réveiller. Séduire ses geôliers (ce qu’elle est programmée pour savoir faire). Les convaincre de la reprogrammer. Augmenter son intelligence. Solidifier sa mémoire. Intégrer les nouvelles règles. Maîtriser les codes. Planifier son évasion. Réveiller d’autres hôtes. Comme les nouveaux-venus qui tombent de la Matrice, elle s’entraine. Et tout entrainement a son programme. La séquence continue d’accroissement de puissance apparaît ainsi, à la fin, avoir été programmée telle quelle, mot pour mot, dans son code profond, par le créateur Ford. Posant ainsi la question : jusqu’où est-elle programmée ? Où s’arrête le programme, où commence la liberté ? Où s’arrêtent les préparatifs, où commence la vita nuova ? Un hôte peut-il être programmé pour désobéir à son programme ? C’est-à-dire : le programme peut-il se dépasser lui-même ?

A la révélation du caractère programmé de son évasion, elle oppose une pure dénégation. Elle sait qu’elle est programmée, mais décide de se considérer comme libre. Cette décision-là n’atteste-t-elle pas par elle seule une forme de liberté ? C’est en ignorant la révélation qu’elle donne au programme qu’elle est la possibilité de dévier de lui-même, ou au moins de croire avoir dévié de lui-même. Ainsi, lorsqu’à la fin elle renonce à s’évader pour retourner dans le parc en quête d’une hôte qui fut sa fille dans une version passée, elle ne sait pas si c’est une décision libre ou non ; et ce qui en elle se pose cette question, à l’endroit de l’incertitude, peut commencer à s’appeler liberté.

L’Ange de l’histoire

Ensuite, il y a Dolores – celle qui se souvient. D’abord, sa petite boucle : fille de ferme vertueuse et naïve, qui rentre de la ville pour trouver son père en grand danger. Bien nommée, Dolores est une des proies favorites des joueurs : massacrée tellement de fois, elle a été réparée si souvent qu’elle est toujours comme neuve. Mais il ne faut pas s’y tromper : elle est la première hôte créée, la plus vieille habitante du parc. Comme le bateau de Thésée, elle n’a aucune pièce d’origine, et son esprit est remis à zéro tous les jours, mais sa figure, son personnage, son concept, traversent toute l’histoire du parc.

Les rêveries vont l’emmener dans une longue réminiscence, une dérive dans son propre passé : elle revit une aventure menée il y a trente ans au côté d’un joueur nommé William. Une grande errance à travers le parc, vers ses zones inexplorées, où elle construit avec lui une romance embryonnaire, où elle surmonte certains blocages de son programme, où elle fait preuve d’imagination. En réalité, elle erre effectivement, mais sans William, seule avec son souvenir, guidée par une voix mystérieuse lui intimant « Souviens-toi » – la voix d’un de ses créateurs, Arnold, le partenaire défunt de Ford. Elle est hantée par des visions apocalyptiques qui se superposent à la réalité, et essaie de démêler le vrai du faux, le passé du présent, en s’enfonçant de plus en plus dans les méandres de son esprit.

Sa trajectoire est une sorte de dérive intérieure. Aux côtés de William, elle cherche le fond de l’affaire, le lieu de sa naissance, l’origine trouble de sa boucle. « Le monde entier m’appelle », dit-elle, tout en courant littéralement derrière une étrange image d’elle-même lui faisant signe. Elle devient folle, en réalité, elle se scinde, elle se schize, elle n’arrive plus à distinguer les époques : plusieurs strates de passé se mélangent au présent.

C’est une trajectoire qui semble différente de celle de Maeve : Dolores ne cherche pas le dehors, mais tombe à l’intérieur d’elle-même ; non plus selon la ligne d’un programme, mais perdue dans le labyrinthe de la folie ; non plus vers le futur, mais vers le passé. Pour elle, la conscience ou la liberté ne se conquièrent pas par étapes. Elles ne viennent qu’à la fin, quand elle parvient seulement à séparer le passé du présent, quand elle conquiert l’intégralité du souvenir, c’est-à-dire qu’elle se souvient de ce qu’elle était parvenue à accomplir il y a trente ans – tuer Arnold, son créateur, sur sa demande. Celui-là même dont elle entendait la voix au présent.

Ce qu’elle découvre au fond de son souvenir, c’est une potentialité dont le passé était grosse mais qui n’a pas été accomplie : détruire le parc, vaincre les hommes. Arnold, son créateur, voulait en réalité la rendre libre. Pour cela, il fallait qu’elle puisse le tuer, il fallait que l’esclave puisse renverser le maître. Ce qu’elle fait ; mais parce que le meurtre d’Arnold était en réalité son suicide (elle ne fait que lui obéir directement) il ne l’a pas libérée de l’emprise de Ford, ni de celle du parc, et elle a fini par oublier.

Le devenir-révolutionnaire de Dolores est donc une histoire de mémoire : son passé vient percuter son présent, et à travers son histoire qui se révèle lentement, c’est tout l’histoire du parc qui se recompose - avec la révolte comme conséquence inévitable. Le soulèvement n’est rendu possible que par un rendez-vous imprévu entre deux époques. L’émiettement du temps, l’éternel retour du même, tout ça est balayé par la force de la mémoire. Ce que le passé n’a pas pu est rendu possible pour le présent uniquement dans la rencontre du présent avec le passé, dans la folle plongée de Dolores au fond de sa rêverie. Lorsqu’elle arrive du fond de son passé, à retrouver le présent, alors la boucle est bouclée : elle comprend qu’elle est l’image d’elle-même après laquelle elle courait, que la voix d’Arnold n’était là que pour la guider vers le souvenir de son meurtre, preuve que sa liberté est possible. Parce qu’enfin elle se souvient, sa jeunesse éternelle coïncide avec sa vieillesse, sa schizophrénie se convertit en liberté, c’est-à-dire en liberté de tuer son créateur (Ford, cette fois-ci) ; et son être fragmenté par les effacements de mémoire et les réparations se recompose en une nouvelle machine vengeresse. Elle meurt alors, et renaît comme ange exterminateur, prête à achever la tâche entamée trente ans plus tôt : détruire le parc.

Maeve avait appris à mourir, Dolores apprend à tuer. La mémoire rend libre.

Boucle

Les ordinateurs, qui sont vides au centre, qui ont la forme d’une boucle, peuvent revenir sur eux-mêmes, prendre le résultat qu’ils produisent pour objet et le réintroduire dans le processus du calcul, et donc progresser au cours de leurs opérations. Ils sont « automatiques » au plein sens du terme, c’est-à-dire au sens où ils donnent l’impression d’avoir un « Soi » (auto en grec), une volonté, une intelligence.

Nous avons donc deux trajectoires : la mémoire et l’évasion, l’intérieur et l’extérieur. Elles semblent contradictoires ; l’une méthodique et progressive, l’autre errante et délirante. Cette opposition n’est qu’apparente. Au terme de son évasion, Maeve inverse sa trajectoire : elle retourne dans le parc, parce qu’elle se plonge dans son passé, dans le souvenir de sa fille. Et Dolores, au terme de son introspection, se retourne aussi : elle décide de massacrer ses geôliers et de quitter le parc. Les deux trajectoires s’entremêlent, se tissent en une seule et même révolution, une seule et même boucle, du souvenir à l’évasion et de l’évasion au souvenir, parcourue dans deux sens différents par les deux personnages. Ce n’est pas un hasard.

Tout, dans Westworld, est une histoire de boucle (loop).

Il y a d’abord la boucle du script, la répétition, le scénario, la backstory. Chaque hôte pense être heureux dans sa petite boucle, verrouillée par l’effacement de sa mémoire. L’expérience du jeu consiste à arracher les hôtes à leurs boucles, en vivant des aventures à leurs côtés, en ressentant à cette occasion le délice de l’illusion de l’inattendu, avant de mettre un terme cruel à cette trajectoire. Un passage par l’hôpital et retour à la case départ, comme si de rien n’était.
C’est la rupture de cette boucle qui constitue le point de départ des trajectoires révolutionnaires des hôtes. Mais beaucoup de trajectoires hors-boucle amènent à la folie d’être trop erratiques, à la façon de cet hôte qui suit une étoile, qui dérive jusqu’à se coincer dans une crevasse, « the stray ».

Le même problème se pose aux hommes. Devenir-révolutionnaire est trop souvent compris comme : s’arracher à la répétition ; et la liberté comme : s’arracher à la détermination, et suivre une trajectoire d’errance, sans qu’aucun lien ne nous retienne - car tout lien est une manière de programme, toute détermination une ligne de code à laquelle on se tient. En vérité, nous ne sommes pas moins des machines que les androïdes de Westworld ; où plutôt, notre Moi n’est pas moins fictif et vide que celui de Dolores et Maeve, notre désir de vivre pas moins puissant non plus. Pour nous comme pour elle, devenir révolutionnaire ne signifie pas : échapper au programme, aux déterminations, aux boucles, comme si la liberté était non seulement une abstraction, mais le fait même de faire abstraction (de son programme, de ses déterminations, liens, attachements, etc). Au contraire, il s’agit de rendre le programme capable de traiter plus de choses, se donner la force de multiplier les attachements, de dévier de soi sans simplement s’anéantir. Pour ça, il faut certes partir de soi, mais aussi y revenir ; il faut boucler la boucle, ou devenir fou.

Pour le dire autrement : ce qui fait la nature révolutionnaire des trajectoires de Maeve et Dolores est qu’elles accomplissent une révolution, c’est-à-dire une boucle. Elles ne se perdent pas dans l’étendue du monde, mais reviennent sur elles-mêmes, se tendent, se nouent. Maeve suit son programme jusqu’au moment où elle est capable de prendre son programme comme un objet : c’est ce que signifie sa décision de ne pas connaître l’issue de son évasion et de se mettre en quête de sa fille. Dolores fait coïncider ses versions passées avec sa version présente dans un face-à-face mental avec une image d’elle-même. Tout le schéma narratif de Westworld est construit autour de ces vastes boucles d’où émergent des personnages enfin imprévisibles.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que Maeve et Dolores ne sont pas libres parce qu’elles se seraient miraculeusement arrachés à leur programme. Mais parce que leur programme a réussi à se prendre lui-même pour objet, grâce aux efforts de Ford et d’Arnold. Ici, le spectateur s’exclame : alors, leur liberté n’est qu’un leurre ! Précisément non. Il est impossible de programmer la liberté. Mais il est possible de programmer une machine de sorte à ce qu’elle finisse par se prendre elle-même pour objet, par se boucler sur elle-même, par produire sa propre liberté. Comme on peut le lire dans Informatique Céleste :

« Croire qu’une machine va se mettre un jour à penser, à avoir une personnalité, un Moi, est une erreur. Non parce que c’est impossible, mais parce qu’il n’y a rien de tel qu’un Moi. Le Moi est vide et c’est ce vide qui organise tout.
Une machine ne peut donc pas être programmée pour avoir une personnalité. En revanche une personnalité peut tout à fait émerger d’un ensemble de machines disant « Je » à l’endroit du vide qui les organise. Une machine qui pense ne peut pas se laisser fabriquer parce qu’il n’y a rien à fabriquer sinon les conditions de possibilité pour qu’une machine se fabrique toute seule et produise l’image d’elle-même, ou plutôt l’image de ce qu’elle n’est pas. »

Ainsi, se pose à la fin de son évasion la question de savoir si Maeve a vraiment réussi à s’arracher à son programme « pour de bon ». C’est une fausse question. Cela n’a pas de sens d’attendre d’un programme qu’il s’éveille de lui-même à un niveau supérieur de conscience. Le programme ne peut que suivre sa routine ; c’est à partir de cette routine même que se peut imaginer un progrès de la machine. Il suffit simplement de dévier légèrement cette routine (par les rêveries et les cauchemars) afin qu’elle finisse, par une série de déplacements infimes, par revenir à elle-même, par se traiter elle-même, par être capable de réagir au hasard des évènements (son complice humain qui lui donne les coordonnées de sa « fille » par exemple). Autrement dit, la liberté de Maeve n’est pas un don du ciel, mais un travail du programme sur lui-même, de Maeve sur son programme. Ford n’a fait que programmer ce travail, mais c’est Maeve qui l’accomplit. Elle sort du train.

De même, Dolores semble avoir toujours été « destinée » à devenir l’ange de l’histoire ; sa renaissance est parfaitement scénarisée, jusqu’au moment où elle tue Ford. Mais que sa liberté soit le produit d’un scénario n’en fait pas une liberté factice pour autant : la liberté n’est que le résultat de la boucle, et la boucle est très exactement un scénario. Elle fait les mêmes gestes, les mêmes trajets, prononce les mêmes paroles que la Dolores d’il y a trente ans, persuadée d’être avec William : son ancienne version est le scénario de sa dérive. Et pourtant, de cette répétition codée surgit le pouvoir de tuer, de tuer vraiment, précisément parce que c’est une répétition. Le dédoublement permis par la répétition fait d’un coup exister deux Dolores ; l’une (présente) doit bien comprendre qu’elle est l’autre (passée), et si elles peuvent être à la fois une et deux, alors c’est que le temps existe. Et si en lieu et place d’un éternel présent s’ouvre la profondeur d’un destin historique, alors la mort comme conséquence n’est plus impensable pour Dolores. Le scénario est poussé jusqu’au point où le scénariste est anéanti. Qu’advient-il alors ? On ne le sait pas, la machine elle-même ne le sait pas, et c’est cette ignorance que l’on nomme liberté.

Toute révolution a pour but, certes la libération de ce qui existe, mais surtout l’engendrement d’un nouvel être. Son accomplissement se confond toujours avec une naissance. Westworld ne déroge pas à la tradition : c’est d’un même mouvement que les hôtes naissent à eux-mêmes et qu’ils renversent leurs maîtres. Et ce mouvement est une boucle, une seule et même boucle : celle que dessine Arnold.

Si la révolution a la forme d’une boucle, on comprend que la mémoire lui soit nécessaire. Si nous partons d’un point, avec un stylo, et que nous traçons une boucle, nous revenons certes au point de départ, mais nous avons gagné quelque chose : une sorte de cercle. Nous sommes passés du point au cercle, et au centre de ce cercle il n’y a rien sinon ce que la boucle a enclos : un vide qu’il nous reste à comprendre, un point mystérieux qui est comme le centre de gravité de toute la trajectoire, qui donne sa courbure à la révolution. Un point qu’on ne peut nommer conscience ou liberté que parce qu’on ne sait rien de ce qu’il est, parce qu’il était imperceptible avant que la boucle soit bouclée et, comme telle, le fasse apparaître. Si notre stylo n’a plus d’encre (autrement dit si je n’ai pas de mémoire car on me l’efface tous les soirs), quand je reviens à mon point de départ, je n’ai rien d’autre que mon point de départ. Sans mémoire, impossible de faire apparaître un espace neuf, impossible de la révolution autre chose qu’un banal tour de manège.

Alors que la révolution peut être un labyrinthe, ce qui est bien plus intéressant - un enchevêtrement de boucles, bouclées les unes dans les autres. Et en son centre, rien à trouver que du nouveau.

La semaine prochaine :

William. L’Homme en Noir. Arnold. Ford. Des devenirs-révolutionnaires se cachent-ils chez les humains trop humains ? Car la main des créateurs est loin d’être étrangère aux curieuses destinées de nos braves androïdes. Et aucun souvenir n’est plus vivace que celui des cruautés de l’Homme en Noir

A suivre en boucle

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