Considérations intempestives (gramsci-pasoliniennes) sur ParcourSup, le monde dont il vient, le monde qu’il apprête, et ses vaillants ministres
Il ne faut jamais identifier la cause des valeurs spirituelles avec celle d’un État.
Ignazio Silone, Sur la dignité de l’intelligence et l’indignité des intellectuels
Si je hais les indifférents, c’est aussi que leur pleurnicherie d’éternels innocents m’indispose. Je demande à chacun d’entre eux de rendre compte de la façon dont il a accompli la tâche que la vie lui a assignée et lui assigne quotidiennement, de ce qu’il a fait et surtout n’a pas fait. Et je sens que je peux être inexorable, que je n’aie pas à gâcher ma pitié, à partager mes larmes avec eux.
Antonio Gramsci, Je hais les indifférents
ParcourSup [1] est une régression sociale – une parmi tant d’autres en ces temps de reflux : il n’y a pas si longtemps encore (moins de vingt ans), toute bachelière, indépendamment de ses résultats scolaires antérieurs, de la nature de son bac, de son parcours personnel, de son âge, de sa provenance géographique, de sa classe sociale, de ses motivations, pouvait s’inscrire en première année dans la filière de son choix, dans l’université de son choix, dans la ville de son choix. Cette possibilité est désormais barrée pour beaucoup et entravée pour le plus grand nombre : outre que plus d’un quart des jeunes désireuxses d’entrer à l’université restent dehors, sans aucune possibilité d’inscription, celleux qui trouvent une place la trouvent souvent ailleurs que dans la filière qu’iels auraient voulu de préférence intégrer. C’est un droit acquis jusque-là qui est compromis pour la plupart, et retiré à des dizaines de milliers de jeunes gens (plus de 320 000 en 2025) : le droit aux études.
Certaines de celleux à qui aucune inscription à l’université n’est proposée pourront étudier tout de même, mais non plus en vertu d’un droit, au sens où on l’entend en principe : en se soumettant à l’obligation de payer. Les recalées de ParcourSup peuvent se tourner vers l’université privée, s’iels en ont les moyens financiers, ou s’iels ont les moyens de contracter un emprunt. On pourrait presque arrêter ici la réflexion : aux yeux de quiconque est attachée à l’idée de l’enseignement public, ce premier point suffit à disqualifier ParcourSup, en tant que machine à rabattre des étudiantes vers l’enseignement marchand, à mettre en concurrence déloyale le public et le privé, à affaiblir/appauvrir le premier pour consolider/enrichir le second.
La première explication/justification de ParcourSup est, d’ailleurs, économique : la population étudiante potentielle s’est considérablement accrue au cours de ces dernières décennies, avec l’augmentation du nombre de bachelières [2] et la pénurie de travail (une pénurie dont on peut très raisonnablement penser qu’elle est au moins partiellement construite à dessein), qui conduit les jeunes gens à se tourner vers les études plutôt que de pointer au chômage à 18 ans, sans horizon aucun, avec pour tout viatique un baccalauréat sans valeur sur ce qu’on appelle le marché de l’emploi. Pour recevoir toustes les étudiantes potentielles à l’université, il aurait fallu augmenter en proportion les capacités d’accueil et donc les moyens dévolus à l’enseignement supérieur public : créations de postes d’enseignantes et d’enseignantes-chercheures, de personnels administratifs, extension des locaux, etc. C’est le choix politique inverse qui a été fait : suppression de postes, fermetures de formations, et, par voie de conséquence, instauration à l’entrée de l’université d’un numerus clausus qui ne dit pas son nom. Ce n’est plus le nombre d’étudiantes qui règle l’attribution des moyens nécessaires pour les accueillir : ce sont les moyens fixés par avance (à la baisse d’année en année) qui déterminent le nombre d’étudiantes qu’on pourra accepter.
La deuxième justification de ParcourSup est rarement avouée comme telle, mais elle hante les esprits et émerge, plus ou moins explicitement, dans les discussions des diverses commissions universitaires autour du recrutement (comme on l’entend dire désormais) des étudiantes : un nombre sans doute non négligeable d’enseignantes considèrent – ou voudraient se persuader – que sélectionner/éliminer a priori des étudiantes potentielles n’est pas si grave, et même présente un avantage : car tout le monde n’est pas « fait pour les études », et celleux qui sont écartées en amont, si on les accueillait à l’université, échoueraient à coup sûr en aval, parce qu’iels n’ont pas « le niveau ». Il y a là une grave méprise, pédagogique, sociale et même épistémologique, qui relève d’un impensé : strictement rien ne prouve que les étudiantes recalées auraient moins bien réussi que celleux qui ont été admises à l’université ; en tout cas, le « niveau » des étudiantes ne s’est pas soudainement élevé grâce à ParcourSup ; on sait d’autre part que cette plate-forme de sélection, en grande partie algorithmique, est loin d’être équitable, transparente, et même toujours compréhensible – y compris pour celles et ceux qui l’ont paramétrée – dans ses critères de classement des candidatures ; il est établi que les populations les plus défavorisées dans la course à l’échalote ParcourSup appartiennent majoritairement à des classes sociales déjà défavorisées par ailleurs [3] ; enfin, il n’est pas si facile de définir un lien direct de causalité rationnelle entre les résultats scolaires au lycée et au bac et la réussite dans les études supérieures : bien des enseignantes pourraient en témoigner, en commençant par décrire leur propre parcours d’anciens élèves pas forcément modèles.
Bien que celleux qui sont prêtes à la défendre ne soient sans doute pas toustes prêtes pour autant à admettre pleinement ses pires implications, cette deuxième justification de ParcourSup est en prise directe avec – pour mieux dire : s’enracine dans – une conception de l’Université (avec une majuscule cette fois), de la Société, et même de l’Humanité qu’on peut qualifier d’exécrable, en tout cas au regard des valeurs fondatrices de la république, laquelle proclame (encore) l’égalité des droits et des chances. On s’indignerait (encore), du moins en France, d’un système scolaire qui prétendrait identifier, et orienter en conséquence, dès l’âge de 5 ans, ou de 8 ans, ou même de 12 ans, les enfants « capables » de poursuivre des études. Est-on donc prêt à l’accepter dès lors que le public visé a 18 ans, comme si, à cet âge-là, les jeux étaient faits une fois pour toutes ? Un être humain de 18 ans est-il définitivement accompli ? Doit-on déjà le décréter fini, dans deux au moins des divers sens de ce terme : achevé et foutu ? Même un esprit conservateur de bonne foi, s’il n’est pas héréditariste, admettra que non, et devra peut-être aller jusqu’à reconnaître que l’être humain a ceci de particulier qu’il peut, à tout moment de son existence, apprendre, évoluer, progresser, grandir. A fortiori lorsqu’il entre à peine dans l’âge adulte. Le tour de force de ParcourSup, c’est de figer ce qui est par nature mobile et vivant, d’essentialiser l’interruption des études en la faisant passer non pour ce qu’elle est (une procédure d’exclusion économico-idéologique), mais pour la conséquence du « mérite » personnel des candidates ; le tour de prestidigitation de ParcourSup, c’est d’inscrire dans la personne recalée les raisons essentielles de son destin, pour la convaincre que ce n’est pas le système qui produit son échec, mais que c’est elle qui n’est « pas faite pour les études ». En somme, une confirmation et justification par avance, par algorithme interposé, de la place que les recalées occuperont adultes dans la hiérarchie sociale, elle-même posée comme un a priori n’ayant plus lieu d’être interrogé.
Que la communauté universitaire, qui avait en son temps vivement protesté contre ParcourSup (2018), en ait si vite pris son parti, s’y soit (au mieux) résignée, en tout cas adaptée, quand elle n’y voit pas un système somme toute utile et (donc) juste, voilà qui dit quelque chose des temps que nous vivons, où les causes et les enjeux systémiques s’effacent, pour laisser la place à des explications formulées en termes purement individuels. ParcourSup est l’objectivation du postulat néo-libéral (capitaliste, disait-on aussi naguère) selon lequel l’individu est seul responsable de son destin. On le sait bien : pour trouver un emploi, il suffit à l’individu volontaire de traverser la route.
Il fut un temps pas si ancien où l’université, l’éducation en général, était, au moins en partie, au service de l’idée que chacune mérite sa chance et doit pouvoir la tenter à égalité avec toustes les autres. De ce point de vue, l’éducation a été un temps, au moins en partie, au moins idéalement, la tentative parfois couronnée de succès d’apporter un correctif à l’injustice de la société (« l’ascenseur social »). Un idéal qu’on peut qualifier de républicain sous-tendait cette conception, qui faisait de l’université un lieu ouvert sur le monde et ouvert à la société, et susceptible de les améliorer un peu. Sommes-nous prêtes à renoncer à cela pour embrasser à pleine bouche, sans même nous en rendre clairement compte, une idéologie qui, si nous la considérions attentivement en bonnes républicaines – ou simplement en universitaires honnêtes, ce que nous sommes très majoritairement par ailleurs, dans nos enseignements et dans nos recherches –, devrait nous répugner ?
Le fait est que les réactions que suscitent, chez les universitaires, celleux qui continuent de s’opposer à ParcourSup, et à son équivalent pour les candidats à l’entrée en Master (la plate-forme MonMaster, mise en place en 2023), sont généralement marquées au coin (au mieux) d’une compréhension sceptique et décourageante tant qu’elle ne se traduit ni actes ni en propositions d’actions (« votre cause est juste mais vous vous trompez de cible »), ou d’un jugement à la fois résigné et condescendant (« vos méthodes ne sont pas les bonnes »), parfois d’une franche hostilité (« vous êtes la cause première des pires dysfonctionnements, entre autres de la souffrance au travail des personnels »). On ne voit guère d’universitaires, en tout cas, s’unir aux mouvements des sansfac, ni même produire des textes pour les soutenir, signe qu’au fond nous sommes en train de nous faire une raison de la machine à broyer que sont les plates-formes de sélection/exclusion à l’entrée des études supérieures.
À l’université Paris Nanterre, face à la détermination des sans-fac et de leurs soutiens, la présidence a fini par leur concéder fin octobre l’entrevue qu’elle leur refusait depuis des mois, et par accepter de prendre en considération (peut-être) les quelques dossiers en souffrance (une poignée de dizaines). Mais avant cela, le 16 octobre 2025, en réponse à l’occupation pacifique et paisible du hall d’un bâtiment du campus et d’un amphithéâtre par des sans-fac et des étudiantes réclamant, précisément, un rendez-vous, la présidence avait requis l’intervention des forces de police. Un geste tabou il y a encore dix ans, qui aurait soulevé d’indignation contre la présidence une bonne part de la communauté universitaire, et qui n’a, cette fois, guère suscité que des protestations pour la forme ; des protestations parfois même tempérées de circonstances atténuantes pour la présidence (les « méthodes » du Collectif des sans-fac justifieraient tout de même un peu le recours à la répression policière, et tant pis si ce Collectif est soutenu entre autres par un syndicat ayant pignon sur rue, le premier syndicat étudiant de l’université Paris Nanterre et du pays ; et tant pis si ces « méthodes » sont des plus classiques, et même des plus modérées [4], dans la lutte syndicale), des grognements somme toute discrets, sans lendemain, sans conséquences.
Le courriel envoyé début novembre à tous les personnels par la présidence pour expliquer qu’elle allait (peut-être) examiner les dossiers des sans-fac mérite ici qu’on s’y arrête un instant. On y lit des phrases qui, dans le contexte de l’université d’hier, eussent paru, au choix des lecteurices, insensées, grotesques, scandaleuses. Voyons cela (je mets en italique certains termes éloquents, mais le passage souligné l’a été par l’autrice du courriel) :
« l’examen complémentaire des dossiers de recours déposés […] ne se déroulera qu’à la condition expresse d’être exempt de toute pression, intimidation, harcèlement, perturbation du bon fonctionnement de l’établissement, de qui que ce soit , par voie d’occupation ou tout autre moyen , notamment dans les conseils de composante ou les conseils centraux . Toute personne ou organisation soucieuse de donner une chance supplémentaire à des étudiants sans affectation doit accepter de se conformer à notre fonctionnement collectif […]. À la moindre perturbation portée à notre connaissance durant cette éventuelle procédure d’examen des derniers dossiers, celle-ci serait immédiatement interrompue et la communauté universitaire dûment informée des agissements à l’origine de cette interruption. »
Courriel de la présidente de l’université Paris Nanterre adressé aux personnels le 4 novembre 2025 [5]
Ainsi, confondant, dans un même mouvement rhétorique, d’un côté ce qui est appelé « intimidation » et « harcèlement » (comportements que toute lecteurice de bonne volonté se doit de réprouver dans l’absolu) et, de l’autre, « perturbation » (que la même lecteurice de bonne volonté pourrait comprendre et approuver dans certains cas), amalgamant indistinctement toustes les acteurices (« de qui que ce soit ») et toutes les formes (« ou tout autre moyen ») de la protestation sous l’étiquette de l’inacceptable, c’est noir sur blanc qu’une présidente d’université nous dit que les conseils, et notamment les conseils centraux, les trois conseils où des élus définissent en théorie les orientations générales de l’établissement, ne sont pas le lieu du débat, de la discussion, de la disputatio. Que, donc, ce ne sont pas des espaces politiques. Que rien ne doit venir y perturber le bon fonctionnement. Qu’il est expressément requis de se conformer. Que l’administration de la chose publique – dont relève, à l’évidence, la gestion d’une université non privée – doit être préservée des agissements de celleux qui voudraient qu’elle soit aussi une affaire véritablement collective, où les choix sont mis au débat. Circulez, plus de débat. Les choix sont faits ailleurs. L’université n’est plus que la chambre d’enregistrement d’une gouvernance qui s’impose comme la seule possible. On croirait lire une diatribe anti-syndicale du Medef ou une déclaration de politique générale de Margaret Thatcher. There is no alternative.
On ne s’étonne plus qu’une présidente capable d’écrire devant toustes ses administrées de telles choses ait appelé la police contre une occupation étudiante pacifique et paisible [6], qu’elle ait recours à la répression d’État pour régler un différend politique portant, de surcroît, sur un sujet de société d’une importance majeure, le droit aux études [7].
On voit ici que l’emprise de la pensée policière, l’accoutumance au recours au bâton contre les contestataires de l’ordre du monde, a largement progressé dans les (in)consciences, et qu’elle fait tache d’huile jusque dans notre maison commune, par le sommet de la gouvernance des universités : qui pourtant devraient être, qui ont été, qui sont encore ici et là le lieu où penser critiquement le monde sans le conforter dans ses errances, ni le subir de plein fouet [8].
Mais nous, universitaires de base ou assumant des responsabilités collectives, sommes de plus en plus nombreuxses à accepter de le subir a-critiquement de plein fouet, dans sa violence grandissante ; dès lors, celleux qui, comme les sans-fac et leurs soutiens, nous rappellent, par leurs protestations, à notre servitude honteuse mais volontaire, – qui nous mettent le nez dedans –, doivent être désignées comme coupables de tous les maux : de la souffrance au travail des personnels les moins favorisés (argument qui masque la souffrance que ressentent les gouvernants à se voir accusés d’être les complices d’un système inique) ; de l’empêchement d’accomplir nos missions de service public (comme si les plates-formes de sélection/exclusion n’étaient pas des machines autrement plus destructrices du bien commun que le doux grabuge de quelques sans-fac) ; d’une atteinte majeure à la démocratie (comme si la « démocratie » n’était pas, de longtemps, au service d’intérêts privés autrement concrets, puissants et menaçants).
Les sans-fac et leurs soutiens sont comme l’incarnation de notre mauvaise conscience, et c’est pour cette raison que nous les vouons aux gémonies (au pire) ou que (au mieux) nous nous découvrons incapables de soutenir leur juste et digne combat, qui devrait être aussi le nôtre. Mais qu’iels se taisent ! Qu’iels rentrent dans le rang où nous avons accepté de faire corps, qu’iels cessent de nous renvoyer à notre propre démission. Que nous puissions paisiblement collaborer avec un système exécrable, en feignant que nous ne faisons qu’accomplir légitimement, généreusement, dans le désintéressement, nos tâches et nos missions.
Les temps sont inquiétants. On observe une tendance générale à ce que l’on peut appeler une fascisation [9] des pouvoirs. Bien sûr, la personne qui joue actuellement le rôle de présidente de l’université Paris Nanterre n’est pas une fasciste, quel que soit le sens que l’on veuille donner à ce terme générique ; on peut être tout à fait certain qu’elle n’a jamais été tentée, ni de près ni de loin, par le vote d’extrême droite, qu’elle l’a même en horreur ; et on en dirait autant de chacune des membres de son équipe. Lavons-les ici une fois pour toutes, en tant que personnes, de tout soupçon à cet égard.
Cependant, nous sommes toustes, plus ou moins, non seulement des personnes, mais aussi des fonctions sociales et historiques – des fonctions social-historiques (Castoriadis) ; et d’autant plus, sans doute, que nous recouvrons une plus haute responsabilité publique. De ce point de vue, en tant que fonctions social-historiques, la présidente de l’université Paris Nanterre et les membres de son équipe – puisqu’iels lui ont maintenu leur solidarité après la réquisition des forces de police – sont des agents objectifs (bien que personnellement innocents, si l’on veut et si l’on ose la nuance) d’une fascisation du pouvoir de la bureaucratie universitaire : sous couvert de se vouloir et de se dire purement gestionnaire, purement dédiée au bon fonctionnement de l’établissement, c’est-à-dire au respect de contraintes imposées par un prétendu réalisme économique (l’autre nom d’une orientation politique guidée par la finance), ou par le renoncement pur et simple et conscient à un autre monde que celui gouverné par la puissance de l’argent, la bureaucratie universitaire devient une nouvelle forme de dictature, avec la violence qui va avec contre celleux qui tentent encore de la discuter et de la contrecarrer. En tant que fonctions social-historiques, ces gouvernants de la chose publique qu’est l’université sont donc aussi des agents particuliers de la fascisation générale du monde.
Déplaisante est la chose, et déplaisante qui la souligne. On préférerait que le messager se taise lui aussi, pour ne pas devoir penser à cela – bien que penser soit notre métier. Elle mérite pourtant d’être considérée, dans sa simple crudité : tandis que partout en Europe les droites extrêmes avancent vers le pouvoir, qu’elles le détiennent déjà ici et là – fût-ce, pour lors, partiellement et sous déguisement, comme en France –, la présidence de l’université Paris Nanterre, en tant que fonction social-historique, ne trouve meilleure manière de répondre à celleux qui tentent encore de lutter contre ParcourSup que de leur envoyer les flics. Dans le silence glaçant, parfois réjoui, plus souvent gêné ou honteux, mais en tout cas glaçant, de la communauté que nous sommes.
Christophe Mileschi
Professeur des universités poète écrivain traducteur
Adhérent de SUD éducation – Université Paris Nanterre





