« On est là » le premier album de Claustinto

Pour en finir avec 2020, notre coup de coeur musical en libre écoute

paru dans lundimatin#267, le 18 décembre 2020

Si vous aimez la musique, la poésie et la subversion, On est là le premier album de Claustinto est fait pour vous. Et comme il est fait pour vous, nous avons demandé au label Foudrage de nous autoriser à le diffuser gratuitement cette semaine, auprès de nos lectrices et lecteurs. Mélangez PNL, Anne Sylvestre et Atari Teenage Riot, projetez-les au milieu des lacrymogènes, de tous les espoirs et désespoirs de notre temps et vous obtenez ce disque. « Feu aux prisons, aux banques, aux flics et aux rois ». Bonne écoute.

Le lecteur ci-dessous vous permet d’écouter l’album en intégralité, s’ensuivent les paroles de chaque chanson, le clip de Y’a plein de chemins et en bonus une magnifique reprise du tube de France Gall « Résiste ».

Tout est vieux

Tout est vieux
Le monde
Nos esprits

Tout est creux
Et crie
Chaque seconde

Tout est gris
Fais un vœu
Fais la ronde

Si terre ronde
Ton nombril
Au milieu

Tout est vieux tout est vieux tout est vieux
Et le monde ne change jamais
Et nos esprits non plus tout est creux
Et les cris dedans résonnent se répètent à jamais
Les totems gris nous entourent avec eux
Fais un vœu fais un vœu fais la ronde
Et si la terre est ronde cela ne veut pas dire que ton nombril est au milieu

Le monde et nos esprits
Tout est vieux tout est vieux
La monnaie le mépris
Tout est creux tout est creux
L’aumône et nos mythos
Tout est gris tout est gris
Le mérite et les mots
Ton nombril ton nombril

Tous tes vieux mots de découragement ne feront rien tu n’y peux rien le monde change
Toutes tes vieilles idées vont finir à la benne ton passé n’a plus aucune chance
Tout ton vieux monde gris se fissure tout est creux et tu vois que dedans la vie se chante
Tu peux crier ce sont des petits mots qui disent un petit peu vivement que s’écroule la France

Sabbath gamins grisants
Adolescent.e.s en rond
Exaucent tous les vœux
Demandent pas permission

Viens faire feu viens faire fou
Viens faire folle viens vers nous
Si tu n’es pas sûr.e que la Terre est ronde
Ouvre-la est regarde tout

Pas de reptiles pas de serpents
Pas de répit pour les méchants
Pas de moche pas de beau tout est faux
Tu peux crier ce sont des petits mots
Le monde et nos esprits
(Tout est vieux tout est vieux)
La monnaie le mépris
(Tout est creux tout est creux)
L’aumône et nos mythos
(Tout est gris tout est gris)
Le mérite et les mots

Tout est vieux
Le monde
Nos esprits

Tout est creux
Et crie
Chaque seconde

Tout est gris
Fais un vœu
Fais la ronde

Si terre ronde
Ton nombril
Au milieu

On est là

Juste pour t’dire
On est là
On s’connait même pas
Juste pour t’dire
On y pense
À toi qui sort pas
Juste pour dynamiter
Ce silence la
La cour les murs le sol et puis le toit

Nous dehors toi dedans
Personne mérite ça
Les draps tressés de mots
Personne se taira
Le cœur fait des yo-yos
Dehors on est là
Le feu les pierres la tête et puis les bras

Tant qu’il y en a dedans
Personne ne vivra
Dehors ce qui les tient
C’est la peur d’être toi
On s’dit c’est toujours l’autre
Qu’on enferme là
Les voleurs les tueurs les méchants les rats

On est la voix qui dit personne mérite ça
On le sait bien qu’ici ça manque de bras
Se serrer fort dedans pleurer juste pour soi
On est la voix qui dit en choeur

On est là
On est là
On bouge pas
Les pieds du plat

On est là
On est là
On sent plus
le chaud le froid

C’est tout plat
C’est tout droit
Y a plus qu’toi
Un mur et moi

J’entends pas
T’entends pas

Les cris tout autour et nos pas tout en pas c’est l’silence qui rend sourd c’est la vie qui fait ça

On est la voix dehors
On est la voix dedans
La voix qui souffle fort
Pour faire du vent

On est la voix dehors
On est la voix dedans
Dans la fenêtre et dans le corps
Et t’envoler loin du ciment

La peau c’est du ciment
Une solitude immense
Si t’es solide dedans
Dehors c’est la violence

Dans la fenêtre et dans le corps
C’est le vent qui t’envole
C’est la vie qui se tord
ça FAIT FOU ÇA FAIT FOLLE

La peau c’est du béton
On est là même si là-haut veut pas
Même cible qu’à chaque fois
Si on s’y met tou.te.s c’est sur ça tombera

La peau c’est du croco
Les écailles et les crocs
C’est là pour croquer l’oiseau qui fait cocorico

La peau c’est du papier glacé froissé mâché consumé
La peau c’est du carton pâte carton boîte carton maison squat
La peau c’est du verre du fer du plastique du polyester
La peau c’est dehors dedans on est là on t’attend

On est là
On est là
On bouge pas
Les pieds du plat

On est là
On est là
On sent plus
le chaud le froid

C’est tout plat
C’est tout droit
Y a plus qu’toi
Un mur et moi

J’entends pas
T’entends pas

Les cris tout autour et nos pas tout en pas c’est l’silence qui rend sourd c’est la vie qui fait ça

Y a des jours on oublie au fond que t’es là
Des mois qu’on t’dit t’es seul au monde regarde toi
Des années qu’on se lève on nous dit tais toi
Des siècles qu’on se ferme les cerveaux les bras

C’est des vies on sait pas au fond c’qu’on fait là
Des vies on t’dit t’es folle de crier calme toi
C’est des vies tu t’énerves on t’écoute pas
T’oublies que tu peux mordre la main qui te bat

Se laisser faire c’est fort se dire qu’ça nous va
Se faire marcher dessus devenir tous plats
Ça fait fou ça fait folle au fond ça fait froid
Feu aux prisons aux banques aux flics et aux rois

Cerf-volant (feat. Submarine FM)

Je sais pas dire si ça va s’adoucir
Je sais pas dire si ça va être pire
Je sais pas quoi dire pour se rassurer
Je sais c’est pas facile d’espérer
Je sais pas dire si ça va s’adoucir
Je sais pas dire si ça va être pire
J’essaie de croire
Demain j’essaie de voir
Nos deux mains se blottir
Demain sans les empires

S’énerver en silence
Les grands signes derrière la vitre
La méchanceté la France
L’écran doit sauter y a pas de suite

Célébrer dans la danse
Faut se forcer faut faire le pitre
Lâcher son métier sans sens
Les journées passées loin des arbitres

Au chaud dans bras doux dans bras long
Déballer des secrets avaler des ballons
Quatre-vingt dix neuf pour cent de chance
Un pour cent de raison
Rester à la maison dans amour dans carton
Les cabanes en chiffon les poupées la baston

Cerveau fait des bulles
Savon toboggan
Je me sens nul devenir grand
Tout le monde s’annule
Avec le temps
Cerveau fait du vent adulte soi disant

Cerveau fait des bulles
Cerveau fait du vent
Tout le monde s’annule avec le temps

Qu’est-ce qui est des bulles qu’est-ce qui est sincère ?
Négocier est-ce que ça sert ?
S’égosiller ou bien s’asseoir ?
Le grand silence ou le grand soir ?
Démissionner de cette guerre
La paix c’est passer sans rien voir
La bouche est fermée je laisse faire
Des bulles crevées dans le noir
S’énerver en silence cerveau fait des manigances
Bras doux rassurent mais cerveau pense
La nuit recule et les pieds avancent
Cerveau lent
Faire violence

Cerveau lent
Toboggan
Étrangler les méchants
Je sais penser
Faire mes lacets
Compter 2 par 2
1 3 1 2
Je sais pas exister tout l’temps
Je sais bien faire du sable doux
Passer la vie par les p’tits trous
Je sais que les bulles ça s’envole
On peut les remplir de pétrole
Si je souffle assez
Si tu sais
Par où c’est
On peut câliner l’Elysée

Je sais pas dire si ça va s’adoucir
Je sais pas dire si ça va être pire
Je sais pas quoi dire pour se rassurer
Je sais c’est pas facile d’espérer
Je sais pas dire si ça va s’adoucir
Je sais pas dire si ça va être pire
J’essaie de croire
Demain j’essaie de voir
Nos deux mains se blottir
Demain sans les empires

Y’a plein de chemins

Y a plein de chemins
Je comprends rien
Ou a gauche ou à droite
On sait pas ce qu’on rate

Y a plein de chemins
Fonce dans le tas ou dans rien
Nos questions qui font mal
Un verre d’eau et avale

Y a plein de chemins
J’en vois pas la fin
C’est pire que le début
Pire que d’être tout.e nu.e

Y a plein de chemins
Parfois la colère vient
C’est la sortie de route
Ça nous prend tous et toutes

Y a plein de chemins
Changer les choses ou rien
Le monde ou même pire
S’en faire et plus s’enfuir

Y a plein de chemins
Tous et toutes au même point
Et puis quand colère vient
Un caillou dans la main

C’est ouf le chemin
C’est ouf le rien
Entre calme et tempête
À la trois je la jette

Je n’aime pas les pays
Surtout pas celui où je vis
Quand il n’y a plus rien à espérer de lui
Il vaut mieux tout brûler ici

Tout brûler (ad lib)

Que dirons-nous ?

Que dirons nous dans cinquante ans ?
Que dirons nous dans cinquante ans ?
Dirons nous « je ne savais pas » ?
Mais il y a les écrans
Dirons nous « je ne savais pas » ?
Mais il y a les écrans

J’ai vu un film au cinéma
C’était toi et moi
J’ai vu un film au cinéma
Un grand feu de joie
J’ai vu un film au cinéma
C’était toi et moi
J’ai vu un très grand feu de joie
De l’assemblée et du sénat

Quand on aura plus rien à faire
Dans nos belles prisons
Quand on aura fait que se taire
Pour avoir raison
Quand on aura plus rien à faire
De nos belles prisons
Quand il n’y aura plus de saisons
Dis moi toi qu’est-ce que nous dirons

Dirons nous
Je ne savais pas ?
Mais il y a
Les écrans

Dirons nous
Je ne savais pas ?
Mais il y a
Les écrans

Dans les écrans les gens meurent
Dans les mauvaises nouvelles
Les articles de journaux sortent la vie comme les poubelles
Dans les écrans les gens montrent leur vie comme si elle était belle
Et le ton monte et l’Etat tue mon fil d’actu bleu comme le ciel
Rouge comme le sang dans les écrans les gens s’écrasent calmement
Ne plus rien être est la question que dirons nous dans cinquante ans ?
On nous dira tu étais où ? Tu faisais quoi y a cinquante ans ?
Police frontières racisme argent sexisme enfants fascisme migrants

Que dirons nous dans cinquante ans ?
Que dirons nous dans cinquante ans ?

Dirons nous
Je ne savais pas ?
Mais il y a
Les écrans

Dirons nous
Je ne savais pas ?
Mais il y a
Les écrans

Dirons nous
Je ne savais pas ?
Mais il y a
Les écrans

Désolé matru

Quand j’étais
Quand j’étais
Quand j’étais
Quand j’étais matru

Je n’étais
Je n’étais
Je n’étais
Je n’étais pas plus

Z’entêté
Z’entêté
Z’entêté
Z’entêté vois-tu

Aujourd’hui je ne suis pas moins perdu

Mais tous les
Mais tous les
Mais tous les
Mais tous les matrus

L’ont été
L’ont été
L’ont été
L’ont été c’est sûr

Esseulé.e.s
Esseulé.e.s
Esseulé.e.s
Esseulé.e.s c’est dur

Toutes les nuits dans leur chambre ou dans la rue

Désolé les enfants
Pour tout ce qu’on ne sait rien
Désolé les enfants
On sait pas ce qui est bien

Désolé
Désolé
Désolé
Désolé matru

C’est ça les
C’est ça les
C’est ça les
C’est ça les adultes

Ça m’a soûlé.e
Désolé
Ça m’a soûlé.e
T’as vu

Désolé
Désolé
Désolé
Désolé matru

Désolé
À l’enfant que j’étais
Désolé
D’avoir perdu les clés
Désolé
Allons-nous nous aimer ?
Allons-nous
Oser nous avouer ?

Désolé
De pas dire merci
Désolé
Pas dire c’est la vie
Désolé
Avons-nous envie ?
Allons-nous
En rester ici ?

Libérez les enfants ouvrez les cages
Mettez les écoles et prisons à sac de rage
Quand j’étais petit dommage
Personne m’a dit la vie c’est pas être sage

Désolé
De ne pas être calme
Mais tous les
Enfants le savent
L’ont su ça se sent la vie c’est grave
Désolé déso les adultes gavent

Grandir c’est se mettre soi même dans la pire des GAV
G.A.V. j’ai avant tout vu que la vie qui s’embrase
C.P.E c’est peut-être le seul truc qui vaille
CDI c’est des idées qui n’ont pas de médaille

R.S.A errer sans but c’était pas mon programme
CAP c’est à peine moi qui manie mon âme
MDMA MDR aimer des mensonges infâmes
CHU c’est à chier autant plonger dans le drame

Désolé désolé décédé décédé
Désolé décédé désolé décédé
Le matru que vous demandez n’est pas attribué.e
Désolé désolé décédé décédé
Désolé décédé désolé décédé
L’enfant que vous croyez aimer n’est pas à vous désolé

C’est quoi être grand ?

C’est quoi être grand ?
C’est quoi être fort ?
Être coincé.e dans
Les années
Le cerveau qui dort

C’est quoi être blanc ?
C’est quoi ces morts ?
C’est les enfants
Des pays
De l’essence ou de l’or

— -

Le plus grand
Le plus fort
Dans la tête
C’est le plus mort
Par A+B
J’ai jamais tort
Déjà méchant
Dès tes 4 ans
Déjà tout seul
Déjà hostile

Juste pour le style

Sauver les meubles
Être nul c’est noble
Et doux c’est faible
Voilà la règle
Holala holala

Le plus méchant des animaux vivants à le teint très très blanc les mains pleines de sang des enfants des pays de l’or et du diamant tout est blanc tout est blanc pas les balles mais l’argent bien rangé des les poches de costumes trois pièces blancs

C’est quoi un homme
C’est quand ça cogne
Quand ça fait taire
Ça existe
Sans jamais s’en faire

C’est quoi être mort
C’est quand tu dors
Profondément
C’est le jour
Où plus rien t’attend
Si je nais
Que je vis
Que je meurs
Sans y penser
Si j’ai jamais eu peur
Qu’on me viole parce que je dansais
Si je parle
Qu’autour ça se tait
Si je pleure
Que des r’gards baissés
Apprends à tenir, faire taire et te taire et à frapper
Si c’est moi tant pis
Sciez moi les tempes
Tuer ce moi qui refuse d’écouter

C’est quoi être fort
C’est quoi être mort
C’est quoi la guerre
Qui veut la faire
Les frères les pères
Plutôt tous morts
Que d’avoir tort
De quoi être fier.e.s
Que de nos mères
Que de nos sœurs
C’est quoi ces porcs
Si c’est moi aussi
Sciez moi les tempes
Jetez tout ce qui me fait dire que c’est moi le centre

Tu manques à mon ventre

Enlacé.e.s sans décoller
Le moindre centimètre
Ton cou mon nez mon être
Et la peau
De ton dos

Décoller sans gaz et sans fusée
À des années-lumières
Bien loin de l’atmosphère
De la Terre
Plus s’en faire

S’enfoncer dans le silence
Ton aisselle ou ta hanche
Oublier la souffrance
Quelques heures
Quelle chaleur

S’immerger tout au fond de l’amour
Cache-cache de peaux léchées
À la surface du jour
Je te vois
Tu me vois

Parfois j’aimerais disparaître
Et je sais que c’est lâche
Ne pas laisser de traces
Enfin savoir se mettre
Les pieds par dessus-tête
Me cacher dans ton être
Ne pas partir bien loin
Juste m’enfoncer sans fin

Dans nos corps
Sans effort
Boire nos jus
N’être plus

J’aimerais toi moi dans un bunker en peau de nous
Pour qu’on ait moins froid et puis pour qu’on se frictionne nous
J’aimerais partir en voyage plus loin que la nuit et le jour
Être plus que des boules d’amour avec des ventres avec des dos

Tu manques à mon ventre
Le monde me mange
Tu manques à mon monde
Viens on rentre

J’aimerais nous quoi qu’on se dise un peu la peur
Appeler un chat un chat et la mort la pire peur
J’aimerais qu’un nous se fasse et que les langues se délacent
Qu’on se sente pas si tout.e seul.e le jour où la pipe se casse

Tu manques à mon ventre
Le monde me mange
Tu manques à mon monde
Viens on rentre

Qu’est-ce qui est jaune et qui attend ?

Qu’est-ce que je suis sensé.e aimer ?
Qu’est-ce que je suis sensé.e faire ?
Qu’est-ce que je suis sensé.e penser ?
Est-ce que je suis sensé.e parler ?

Qu’est-ce que je suis sensé.e dire ?
Qu’est-ce que je suis sensé.e croire ?
Qu’est-ce qui pourrait changer l’histoire ?
Comment croire qu’on fait pas que courir vers le pire ?

Si le sheitan existe sa queue doit faire des milliers de kilomètres
Parce qu’à force qu’on tire dessus on va vraiment finir par croire qu’on aime
Avoir mal mais malgré tout laisser tout trainer se laisser crever plutôt que creuser
Nos cerveaux rouillées se changer assumer oser dire j’ai tort j’ai peur je t’aime

Qu’est-ce qui est jaune et qui attend
Dans nos ventres chauds depuis enfant ?
Une bile froide un jus fiévreux
La colère et l’envie de gueuler nous crève la peau et les yeux

Qu’est ce qui est dans tous les gens ?
La solitude de quand on est grand.e.s
Avant j’avoue j’avais souvent le vent dans le dos
Mais depuis toujours la vie se vend
Est-ce que demain sera plus beau ?
Mais depuis toujours la vie se vend
Est-ce que demain sera plus beau ?

Je connais pas beaucoup de mots – apprends moi toi – quoi ? t’as quelque chose à dire ? - je sais pas faire – écouter – te parler – attends t’es qui ? - c’est quoi tes mots ? - la fin c’est quand ? - y a cent mille choses à dire – ma langue est lourd – vous êtes où ? - vous êtes oufs – je connais pas les mots – tire ! - le sheitan par la queue – son cou – ses cornes – mes antennes – je t’entends – tu me captes ? - plus de réseau – attends – je connais pas les mots – l’enfer – le sang est jaune et coule à flots – pas de vie – pas de veine – pas d’envie – je te veux – je te vois – toi – attends t’es qui ? - je t’écoute – je t’écoute pas – allô ? - t’es là ? - non – vu à 17h53 – qu’est-ce qui attend ? - qu’est-ce qu’on a tou.te.s à attendre en bavant ? - allongé.e.s sur le flanc – qu’est-ce qui est jaune et qui nous ronge ? - la bile jaune qui bout depuis enfant – cent degrés – pâtes – clopes – café – le même menu – le même jeu – y a pas de règles – et l’arbitre a disparu – et dormir dans la rue – se cacher dans le seigle – les barbelés heureux – se cailler les miches – le cul – allô – j’ai pas les mots – je te veux – j’ai froid – j’ai chaud – qu’est-ce qui attend ? - c’est nous – bave la bile jaune – allongé.e sur le flanc je sais pas quoi faire – quoi ? - bouger moi et les gens

La tête dans le coton

Ce monde me deg
Tourne la tête de tous les côtés
On n’a pas la joie on sait pas s’écouter
On ne sait que compter

Ce monde me deg et la règle
Me dit de laisser crever les faibles
De dégueulasser l’eau et le sable
Que les méchant.e.s sont forts et les bons minables

C’est abominable
C’est un goût de sang
C’est un bout de songe
C’est un grand mensonge
C’est partir un jour sans retour un grand couteau entre les dents

Ce monde danse
Dessus les cendres
De celles et ceux qui le font
Ce monde fond
De se faire vendre
Et de notre inanition nananinanana
Parfois je me sens fait de plomb
Toute la vie la tête dans l’coton
Parfois je me sens prêt à tout
Briser des silences et des genoux

Ce monde me dégoûte
Ce monde
Ce monde me dégoute

J’en fais partie pas de doute
Pas le courage de quitter la route

Tous les jours
C’est quoi c’est moi bonjour ça va fermer les yeux devant la mort
Parler pourquoi donner son avis sur ce monde de dinosaures
Demain c’est pas loin d’hier d’ailleurs je me demande c’est quand le
Jour où on arrête d’attendre le jour où on arrête d’attendre le jour où arrête d’attendre le jour où on arrête d’attendre le

Parfois je me sens fait de plomb
Toute la vie la tête dans l’coton
Le temps passe comme les moutons
J’entends pas

Parfois je me sens prêt à tout
Briser des silences et des genoux
Ni marcher droit ni filer doux
J’entends pas

Parfois je me sens si léger
Toute la vie part en fumée
Le temps passe sans s’arrêter
J’entends pas

Toute la vie la tête dans l’coton
Toute la vie jamais dire pardon
Les mensonges comme des saisons
J’entends pas

Y a ce qu’on dit y a ce qu’on fait
Y a ce qu’on pense y a ce qu’on est
Y a ce qu’on croit y a ce qu’on sait
Y a se consumer
Sans arrêt

La tête dans le coton (J’entends pas)
Le menton dans la veste (J’te parle pas)
Le regard en glaçon (Je vois pas)
On s’aime on se déteste (pourquoi pas)

Compter le temps
Comme les moutons
Les jours restants
Rester content

Rester vivant
Le plus longtemps
Rester enfant
Gentil méchant

Y a ce qu’on dit y a ce qu’on fait
Y a ce qu’on pense y a ce qu’on est
Y a ce qu’on croit y a ce qu’on sait
Y a se consumer
Sans arrêt

C’est quand le jour où on arrête d’attendre le jour c’est quand que je me dis attends c’est qui ce moi qui se détend pourquoi c’est tellement évident que les années c’est de’vnir lent c’est de’vnir froid c’est de’vnir grand grandement mort grands parents sourds amasser l’or devenir lourd

Tellement fort
Tellement beau
Tellement chaud
Tellement mort

Tout le monde ment
Tout le monde vend
Tellement d’temps
Tout le monde
La tête dans l’coton

Tellement sale
Tout le monde chiale
Tellement mal
Tout est normal

Tout le monde ment
Tout le monde vend
Tellement d’temps
Tous les jours
La tête dans l’coton

Bonus : Résiste - France Gall Cover

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