Ben Morea, In Memoriam

« On est les freaks d’un espace-temps inconnu
On est le système nerveux de la révolution »

paru dans lundimatin#520, le 19 mai 2026

Ben Morea, figure emblématique du groupe révolutionaire « Up Against The Wall, Motherfuckers » et fondateur du magazine Black Mask est décédé le 2 mai dernier. Formé en 1966, ceux que Abbie Hoffman qualifiait de « cauchemar des classes moyennes » et de phénomène « anti-médiatique simplement parce que leur nom ne pouvait être imprimé », le groupe des « Motherfuckers », donc, affirmait que l’art révolutionnaire devait faire intégralement partie de la vie et ne jamais se soumettre à la marchandise. Contrairement à tant de ses contemporains, Ben Morea resta fidèle à la fureur de sa jeunesse dont il ne renia jamais le moindre de ses excès. En hommage et avec le souvenir de joyeuses discussions dans la cave d’un bar de New-York il y a bien longtemps, nous publions ici la traduction de quelques extraits de la revue Black Mask.

Pour davantage de contexte, nous renvoyons vers cette interview de Ben Morea que nous avions publiée en 2018.

L’ÉVEIL D’UN ESPRIT NOUVEAU

Un esprit nouveau se lève. Comme les rues de Watts, nous brûlons de révolution. Nous assaillons vos Dieux - - Nous chantons votre mort. BOUSILLEZ LES MUSÉES - - notre lutte ne peut pas être suspendue à des murs. Que le passé s’effondre sous les coups de la révolte. La guérilla, les Noirs, les hommes du futur, nous sommes tous à vos basques. Au diable votre culture, votre science, votre art. À quoi servent-ils ? Votre massacre de masse ne peut plus être dissimulé. L’industriel, le banquier, la bourgeoisie, avec leur prétention illimitée et leur vulgarité, continuent d’accumuler l’art pendant qu’ils égorgent l’humanité. Votre mensonge a échoué. Le monde se soulève contre votre oppression. Il y a des hommes aux portes qui cherchent un monde nouveau. La machine, la fusée, la conquête de l’espace et du temps, ce sont là les graines de l’avenir qui, libérées de votre barbarie, nous porteront vers l’avant. Nous sommes prêts - -

QUE LA LUTTE COMMENCE.

(Black Mask n°1)

***

Un nouveau dynamisme existe ; un dynamisme alimenté par la science et embrasé par la révolution. Un dynamisme qui a succédé au Futurisme, au Dadaïsme et au Surréalisme, au point où ceux-ci doivent désormais être dépassés. Là où ils ont tenté de révolutionner « l’art », nous devons changer la vie. Nous recherchons une forme d’action qui transcende la séparation entre l’art et la politique : c’est l’acte de la révolution. Chaque culture détermine les formes que son art prendra, et nous ne recherchons rien de moins que la destruction de cette culture. On nous fourgue un art qui se substitue au vécu, une culture qui sert d’excuse à l’extrême pauvreté de la vie. L’appel à la révolution ne peut être rien de moins que « total ». Changer les détenteurs du pouvoir ne suffit pas, nous devons enfin changer la vie elle-même. L’homme doit s’emparer du contrôle direct de son environnement – socialement, économiquement et culturellement. Nous ne pouvons reconnaître aucun pouvoir extérieur au peuple, aucune élite (qu’elle se prétende révolutionnaire ou non) qui déterminerait l’orientation politique, aucune séparation entre la politique et le reste de la vie. Il doit en être de même sur le plan culturel – une culture « totale » n’a besoin ni d’experts, ni d’artistes – elle n’a besoin que d’hommes.

(Black Mask n°7)

***

Ben Morea : Il existe de nombreux moyens de renverser le système, et je ne rejette pas la violence. Et en même temps, je ne pense pas que la violence soit une option viable pour construire ce que nous voulons.

Christian Science Monitor : Comment envisagez-vous et comment décrivez-vous les concepts d’amour, d’acceptation et d’honnêteté par rapport à la communauté hippie, que l’on sait apolitique ? Comment pensez-vous qu’elle doive se réorienter, notamment au vu de ce que vous venez de dire sur l’autodéfense ?

Ben Morea : Eh bien, je ne vois pas l’idée d’autodéfense, ni même celle de violence, comme étant contraires à l’idée d’amour… Je ne pense pas que cette communauté soit spécifiquement une communauté de l’amour, mais plutôt une communauté totale. Et pour être totale, nous comprenons que cela doit englober tous les aspects de l’existence. Nous n’en rejetons aucun. Ce que nous aimerions, les idéaux que nous portons, c’est précisément de créer un type de vie qui n’ait pas besoin de la violence. Je n’aime pas la violence, mais en même temps, nous reconnaissons que pour être des êtres humains accomplis, nous n’avons pas à rejeter la moindre facette de la vie.

Ben Morea : Si on nous attaque, on ne se laisse pas faire. La presse aimerait faire croire que c’est ce que fait la communauté hip... La communauté hip n’est pas le mouvement pacifiste qui existe en Amérique. C’est autre chose. La communauté hip est une communauté entière, une culture, une manière de vivre, une manière d’exister. Ce n’est pas juste une tactique, un moyen, ou une autre forme de pacifisme. Beaucoup de gens dans la communauté hip sont pacifistes et n’utiliseraient pas la violence. Mais il y en a d’autres qui estiment que nous devons défendre les valeurs que nous opposons aux valeurs américaines.

***

LA REVOLUTION COMME ÊTRE

Les mouvements qui proclament la révolution comme objectif ne font jusqu’ici rien de plus que prononcer les syllabes ré-vo-lu-tion. Un mot peut être riche de sens et d’associations, et pourtant, ré-vo-lu-tion demeure un simple mot. Nous demandons : quel est le contenu de cette révolution ? D’où jaillit-elle ; vers quoi tend-elle ? Le destin de notre Être dépend des réponses.

La question de ce que nous sommes et de ce que nous deviendrions – la question de l’Être – n’a pas émergé. La ré-vo-lu-tion perpétue au contraire l’édifice torturé de la vie bourgeoise sous le nom de soc-ial-isme.

Le mouvement naît de l’oppression des masses, mais quel est le contenu de cette oppression ? Il est bien trop limité : l’exploitation économique et l’injustice. Si telle est la conception de l’étouffement de l’Être, alors le but vers lequel ces mouvements tendent est plus appauvri encore : une économie planifiée, l’égalité sociale, la liberté. Ce n’est pas ce qui est dit en tant que tel, mais ce qui reste non-dit et impensé, qui indique la pauvreté de la révolution.

L’ennemi est à l’intérieur comme à l’extérieur ; penser l’Être et être révolutionnaire, c’est entreprendre de détruire une grande partie de nous-mêmes au cours du processus. Il n’y a pas de distinction entre le subjectif et l’objectif dans l’acte révolutionnaire. L’Être doit partout être la base de notre pensée et de notre action.

LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE EST LA RÉVOLUTION SEXUELLE... mais pourquoi la révolution sexuelle est-elle la révolution prolétarienne ?

Le mouvement prolétarien se distingue en dernière analyse de celui de la classe ouvrière ; il lui est même, dans un sens fondamental, hostile. Il devient donc d’autant plus nécessaire de distinguer les deux lorsque, dans notre sous-culture radicale, « prolétaire » est pris comme synonyme de « classe ouvrière ». Cette dernière, après tout, n’est qu’une catégorie de l’économie politique. En tant que telle, elle révèle une passivité profonde lorsqu’elle est confrontée non pas à la bourgeoisie (envers laquelle la classe ouvrière a toujours montré une hostilité égalitaire) mais à la civilisation bourgeoise.

La transformation de la classe ouvrière en prolétariat n’a donc pas lieu dans le domaine de l’économie politique, mais dans le domaine de l’Être. Si notre usage de ces termes diffère quelque peu de celui de Marx, il reste proche de ses idées de jeunesse de 1844.

La classe ouvrière, en raison de son exclusion de la structure de sublimation la plus systématique qui constitue la société bourgeoise, a la possibilité de découvrir l’Être. Mais la première étape de cette découverte est la saisie et la compréhension de cette exclusion.

***

Ben Morea : Nous sommes tous des Indiens. Tous, nous sommes des Indiens. Nous sommes le retour des Indiens.

WEEI : Vous êtes le retour des Indiens ?

Ben Morea : C’est exact. Vous avez détruit ces gens-là.

WEEI : Je n’ai pas détruit ces gens-là.

Ben Morea : Vous avez détruit ces gens-là avec votre culture, qui est la culture la plus malade qui ait jamais existé. Vous comprenez ? Vous avez détruit ces gens-là physiquement, culturellement, et de toutes les manières possibles. Nous qui avons grandi dans votre société, nous savons maintenant ce que vous avez fait, et nous ressentons plus d’affinité avec eux qu’avec vous. Nous sommes leurs descendants, nous ne sommes pas vos descendants.

WEEI : Quel âge avez-vous ?

Ben Morea  : 26 ans.

WEEI : Vous êtes plus âgé que moi. C’est donc votre culture, pas la mienne.(Le journaliste sort.)

Christian Science Monitor : C’est peut-être une question un peu naïve, mais je me demandais : si vous êtes si déterminé à combattre l’Establishment, y a-t-il quoi que ce soit en Amérique que vous respectiez directement ? Pensez-vous que les lois concernant l’abus de drogues – par exemple, cela a été l’une des préoccupations de la communauté hippie, l’abus et l’usage de drogues – faites-vous une distinction ? Pensez-vous qu’il doive y avoir une rééducation sur la manière de respecter les lois afin qu’elles ne soient pas hypocrites ?

Ben Morea : Nous rejetons l’abus de drogues. Nous considérons que c’est la police qui abuse des drogues. Nous considérons que l’Establishment abuse des drogues parce qu’ils nous maltraitent à cause de notre consommation. Les drogues font partie de notre communauté. Je pense qu’elles en sont une part très importante...

Personnellement, je pense qu’il y a les drogues qui permettent aux gens de grandir, et celles qui les empêchent de progresser. Je divise les drogues en plusieurs catégories... En termes de catégories, il y a les répresseurs. C’est une chose très ironique : on peut le voir dans les ghettos comme ailleurs, certaines drogues sont utilisées pour plusieurs raisons.

D’abord, pour réprimer sa propre conscience. Quand les possibilités de vivre vous sont refusées, vous vous repliez sur vous-même, ce qui est très proche de la mort. Vous utilisez certaines drogues pour vous y aider, et je rejette généralement cela. Je constate que là où les communautés hippies subissent le harcèlement constant de l’Establishment, elles se tournent de plus en plus vers ces drogues répressives...

Tout comme les ghettos se tournent vers l’héroïne, cela arrive aux communautés hippies lorsqu’elles voient leurs possibilités de vie s’amenuiser, leur liberté entravée ; elles se retirent alors dans ce genre de repli répressif. Dans les communautés où le hippie peut s’épanouir, où il peut définir son propre style de vie et être autorisé à le faire, l’usage de drogues se tourne généralement vers les drogues d’expansion, comme le cannabis, le haschisch, le LSD ou autre.

Il appartient à l’individu, au sein de la communauté hippie, d’utiliser ce qu’il juge nécessaire à son existence. Je ne serais pas favorable à l’imposition de restrictions au sein de notre propre communauté. Ce que les gens consomment relève de leur choix, mais en même temps, je pense que bâtir le genre d’environnement que nous souhaitons limiterait naturellement ces abus...

Les gens qui se trouvaient sur le Common en sont chassés, et d’autres, dans différentes parties de la ville, se retirent dans leur quartier par peur généralisée de se rassembler et de tenter de construire une existence totale, à cause de la pression exercée par la communauté traditionnelle.

***

CONSCIENCE ARMEE À L’ACIDE

Conscience armée à l’acide
On est la balance de l’énergie cosmique
On est les freaks d’un espace-temps inconnu
On est le système nerveux de la révolution
Détruisant-créant partout une nouvelle réalité explosant dans le décor
Un décor qu’on se doit de transformer
Notre force gargantuesque tourbillonne dans l’irréalité de ce pays
Arrachant le passé et le présent
On est le futur
On est l’œil de la révolution
On est une culture tribale – une communauté de familles blindées à la drogue/magie/flingues
Nos armes ce sont nos vies qui coulent ensemble vivant ensemble fusionnant constamment
On est un. On est un.
On est l’œil de la révolution.

40 000 Noirs et frangins chevelus du mouvement boogie (rien qu’en Californie) sont foutus au placard pour ce qui ressemble à de simples histoires de stups. Mais le système a la frousse devant la vraie menace d’un changement de vie total dont la dope n’est qu’une part. Les freaks des autres cultures ont toujours trouvé le moyen de s’envoyer en l’air et de triper naturellement, depuis que l’homme a un cerveau pour explorer et exploser. Pourtant, le LSD est un pur produit de la technologie de cette culture, et le trip peut être aussi bidon que le système qui a rendu reproductible la libération de notre sérotonine interne. Tout comme on peut libérer l’expérience cybernétique pour affranchir l’homme du boulot et des machines qui ligotent son corps, on peut étendre l’expérience psychédélique au-delà du mécanisme en plastique glorifié qui squatte encore certains esprits. Même les freaks les plus « libérés » peuvent gober du buvard et se faire gober en retour, finir submergés au lieu de submerger, finir terrifiés quand on devrait être terrifiants ! C’est seulement quand on verra simultanément nos drogues magiques comme un outil révolutionnaire extatique, et qu’on sentira nos corps comme un macrocosme cellulaire et un microcosme galactique, que notre spirale d’énergie vitale détruira tout ce qui est mort, en faisant la course au-dessus de la planète, nous laissant bien vivants, en plein trip au niveau de la glande pinéale. Esprits explosés de gens du futur qui hurlent-chantent, couverts de perles, défoncés, armés, emplumés : ils ne sont que les étincelles d’une explosion révolutionnaire et d’une régénération planétaire évolutive. Les Nirvanas de Néon finissent par faire sauter leurs circuits – Watts débranche la prise et fout le feu au pays avec son propre incendie électrique inextinguible, une danse du serpent à travers notre monde, escortée par l’écran de fumée d’un spliff.

***

Globe : Quel est votre but ultime ? Une communauté non-violente ? C’est ça ?

Ben Morea : Vous voulez dire en termes de projection ? Absolument. La différence est la suivante : les Indiens d’Amérique avaient aussi une communauté non-violente. Ils n’avaient pas de police. Il y avait peu de combats entre eux. Ils vivaient en communauté non-violente, mais si on les attaquait, ils répondaient par la violence.

Herald Traveler : Mais ils ont eu de vastes guerres tribales ; l’histoire américaine prouve que...

Motherfucker : Je pense que vous feriez mieux de relire vos classiques.

Herald Traveler : Ils n’avaient donc aucune guerre tribale ou quoi que ce soit de ce genre entre eux ?...

Ben Morea : Tout ce que j’essaie de dire, c’est que nous croyons en un mode de vie total. Laissez-moi vous expliquer cela. Ça peut paraître un peu métaphysique. Il existe une énergie qui est vivante, la vie. Si vous bloquez cette énergie, elle va vous terrasser. Si vous laissez l’énergie passer à travers vous, c’est bien.

Maintenant, nous possédons cette énergie. Si vous vous mettez devant moi et essayez de m’empêcher de vivre, de m’empêcher de circuler, alors je vais vous terrasser. Si vous me laissez simplement vivre, et que vous laissez passer mon énergie, alors tout va bien.

On fait toujours une dichotomie entre non-violence et violence, mais c’est une fausse dichotomie. La vraie dichotomie se situe entre la vie et la mort. C’est de cela dont nous devons commencer à parler : la vie et la mort, pas la non-violence et la violence, vous comprenez ? Certaines formes de violence sont vie. Si votre violence naît de votre désir de vivre et qu’elle n’est dirigée que contre ceux qui vous empêcheraient de vivre, alors je ne considère pas cela comme de la violence. Je considère cela comme la vie. Si votre violence comme la violence policière ou la violence militaire est dirigée contre les autres pour les tuer, alors c’est de la violence, car c’est la mort.

C’est là toute la différence. J’en ai assez d’entendre tous ces discours sur la violence et la non-violence. Nous pouvons parler de vivre et de mourir, et notre communauté représente la vie en ce qui nous concerne, pas la mort.

Votre communauté, elle, représente la mort. Vous mangez de la nourriture morte. Vous menez des vies mortes. Vous baisez des femmes mortes. Tout en vous est mort. Je ne parle pas de vous personnellement, mais de votre communauté.

***

UN ACTE DE DESTRUCTION EST UN ACTE DE LIBÉRATION

La fonction du mouvement étudiant n’est pas de formuler des revendications auprès de l’université, mais de détruire l’existence de « l’étudiant » en tant que rôle social et structure de caractère. VOUS DEVEZ DÉTRUIRE L’ÉTUDIANT QUI EST EN VOUS. Car alors seulement la lutte pourra commencer contre les institutions et les maîtres qui nous ont formés à la soumission et à l’esclavage auxquels nous participons désormais. Notre but n’est pas d’obtenir des concessions, mais de tuer nos maîtres et de créer une vie qui vaille la peine d’être vécue... et EN AMERIKA, LA VIE EST LA SEULE REVENDICATION QUI NE PEUT ÊTRE SATISFAITE.
conspiration internationale des loups-garous

« La pratique sans théorie reste inaccomplie ; mais la théorie sans pratique ne s’accomplit qu’elle-même. » Jack L’Éventreur

Partout dans le monde l’ancienne
réalité règne ____
socialisme/capitalisme, l’illusion
de l’opposition
divise le monde...
Et ici, pour nous, la même
réalité est partout
reproduite _____ la nouvelle gauche
vs. l’ancienne gauche ____
la scission PL / « New Worker » :
le recto et le verso
mais partout la même
monnaie de singe ____
estampillée : RÉALITÉ BOURGEOISE

Si la révolution est quoi que ce soit, elle est TOTALE
des idées nouvelles, de nouvelles formes d’organisation, et par-dessus tout une VIE NOUVELLE

Le besoin est apparent, seule la peur se dresse entre nous et l’UTOPIE

[…]

On doit forger nos propres critères de beauté.
La communauté Hip existe parce qu’on a plaqué les institutions de leur prétendue société :
Famille, école, turbin, armée, tout le reste.

On est tous des déserteurs.
Partout où on traîne, la Communauté est là :

la rue, l’appart, le parc, le métro – toute la nuit, les prêteurs sur gages, les troquets, le Gem’s Spa – l’endroit n’a pas d’importance.

LE TUEUR DE MYTHES

Vu les strates et la mobilité dingue de notre monde, si on veut survivre – et c’est bien de survie dont on parle – il faut qu’on se raccorde. Il nous faut des points d’ancrage dans chaque ville où la communauté peut se poser et s’organiser................

Ce qui est réel pour nous, c’est d’avoir un dîner dans l’estomac.
Ce qui est réel pour nous, c’est une musique sur laquelle on peut danser.
Ce qui est réel pour nous, ce sont toutes ces choses qui sont nécessaires à une communauté vivante, à une communauté de combat : cours de karaté, caisses de solidarité pour les cautions et la défense, milices anti-flics, cantines populaires, squats, communes...
CE QUI EST RÉEL POUR NOUS EST L’ESPACE POUR SURVIVRE,
Ce qui est réel pour nous est de ressentir, de baiser, de danser, de chanter, de prendre de la drogue, de sauter partout, les cheveux en bataille, les crocs acérés et tout au dehors.
Survivre en Amerika en tant qu’être humain total est révolutionnaire.
Hip est vivant, vraiment vivant, et vivre en Amerika
EST UN CRIME PUNISSABLE DE MORT.
À mesure que la menace de notre communauté grandit, la répression s’intensifie et le besoin d’espace de survie se fait plus urgent.
Nous ne pouvons pas laisser le système nous définir, nous ou notre espace.
Partout où on regarde, cette Amerika de merde a défini ce qu’on fait et qui on est. On a laissé les médias, les maisons de disques, les marchands de psychédélisme et les imitateurs de banlieue nous raconter ce qu’était la « Révolution Hip » – ASSEZ !
Nous devons maintenant lancer un assaut total sur toute forme d’oppression qui cherche à limiter notre existence et nos possibilités.
Contrôler nos vies signifie créer la liberté totale
PAR TOUS LES MOYENS ADÉQUATS ET NÉCESSAIRES.
Nous devons créer la communauté révolutionnaire hip.
Nous devons détruire l’Amerika parce qu’elle n’a rien à nous offrir sinon la mort.
La CONSPIRATION INTERNATIONALE DES LOUPS-GAROUS est la Communauté Révolutionnaire Hip en Acte, foutrement affamée de découvrir enfin comment vivre, en rage pour le sang et les tripes des blanc-becs et des porcs qui infectent tout ce qu’ils voient avec la peste de la mort vivante.
LOUPS-GAROUS DU MONDE ENTIER, REJOIGNEZ LE FESTIN !

Conspiration Internationale des Loups-Garous

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