Penchée sur les circuits imprimés de résistance
Pourquoi tomber ici ?
Il y avait ce rêve
le train venu te chercher le soir pour quel site un seul répété toutes les nuits avant la gare générale.
C’était toi l’enfant
Le train, la campagne, l’arrière, loin de Paris un exode rural à l’envers rien de normal rien, ce plateau dans le sept-huit
Des restes
Pas de néo-ruraux juste l’exode inverse sans eau courante, venue de la porte d’Ivry.
Où suis-je ? Invisible parmi les ouvrières des Coudoint dans les chaînes d’assemblage.
C’était l’usine ? Je me disais toujours, c’était ces problèmes d’héritage. Les usines Coudoint de montage.
Il n’ y a pas d’usine il n’y a plus d’ouvrières.
Le monde est oublié
avec les pelletées
de terre
De terre ce jour-là gris faisait-il gris
de la pluie au bord de la
tombe immergée qu’engloutissait
Ma mémoire vivante
sous les eaux
Qu’avec toi ce monde
quitte ferme
par le couvercle qu’on retourne
La présence des morts qu’on marche avec soi
Il n’ y a pas d’usine il n’y a plus d’ouvrières.
Englouties sous l’averse
Les restes de la dernière soustraction
Je suis passé mais vous qu’êtes
En attendant la dernière soustraction
La béance la bouche d’enfer
Vous vous ne nous laissez rien
Que des bras, en chaîne, le tapis toujours pas arrêté, mais rien en souvenir
Des résistances, des puissances,
des potentiomètres de précision
Pérégrins quelque part au monde, sous la coque des machines
Des condensateurs, des résistances,
Éparpillés
Où suis-je ? Invisible parmi les ouvrières des Coudoint dans les chaînes d’assemblage.
Les membres trop affairés
ne laissant pas de place, ou la tendresse de bras dodus ouverts de sucrerie les dimanches.
Je ne connais rien du monde juste un relax qui reste,
le vestige du tissu détendu sous le poids des heures-années ma grand-mère passées le sourire aux lèvres de ceux qui en ont fini de cette taule la main haute dans le pot de dragées.
Aubain c’était toujours ces problèmes d’héritage
Des potentiomètres de puissance
Mais je ne connais rien je suppose la taule voilà je suppose, je dis cette taule je suppose en théorie
j’en remets une tartine d’hypothèse, faible thèse
on t’écrit dessus des tonnes de mots sur les étagères et je ne sais rien
car tu n’as rien dit, pas même Coudoint les heures d’assemblage, pas même le nom de la taule et ta fabrique du temps mécanique.
Des micro soudures d’heures seconde par année dont je ne connais que le silence de l’héritage et je demande trop tard tes heures.
Comment le nom, comment
Que j’oublie quand rien n’incarne
Jeannine






