REFUS D’OBÉISSANCE Lois mal parties des maisons malveillantes qui se frayent mauvais chemin par toutes les complications factices – Refus d’obéir à ceux qui touchent au chiendent de la vie du matin au soir et qui n’en finissent plus – Refus d’obéir a l’impuissance et chapeaux-bas devant les képis et les casques – Je refuse d’entamer le travail de nulle part pour mille parts avec uniquement pour matière d’exister trois sourires par an et le reste gros de larmes – Je refuse tous vos oui tous vos non pour la moindre construction prénatale post-natale – Tout l’Orient l’Occident des fourmis volantes – Je le nie – Je refuse d’accepter ce qui me contemple avec haine et vilaine compassion – Infirme je le suis – Mon cerveau est malade – Je refuse vos remèdes et vos trous vos égouts et vos bancs des hospices – Je refuse d’être valide pour vos camps de vacances vos exigences vos indulgences – Non je dis et répète à vos satiétés à vos sociétés des nains aux piqûres pour grandir et grossir et sauver votre crasse de la mort – Il fut un temps où j’obéissais en bonne et due face – À présent c’est fini englouti dans le cloaque du mal-être – Tout finit par finir – disent le sages doctopeurs d’ennui – Tout guérit pour maudire – disent les mages et prêcheurs – Je refuse d’être couché quand je veux être debout – Je refuse d’être debout quand je veux être couché – Je refuse la tenue – Je refuse poésie cul-de-poule – Accepter c’est crever – J’aime le vent et le sang mauvais temps et tempête et la mer démontée et la terre ravagée par vous autres acceptants – Contre le ciel – je ne puis rien – Je refuse refuser – Mais pour ce qui reste ? – Je refuse d’accepter - Je refuse tếte haute et tête basse et les doigts crochus et les reins épuisés – Je refuse d’obéir aux lois de la ville pénicrotte-multibotte-unifrotte – Je refuse d’obéir à la mort trop humaine par grenades embuscades croisades – Fou je le suis – Dur je le suis – Je refuse d’obéir au malheur d’exister- Je refuse d’obéir à l’obéissance.
Dans ces temps de bascule où les discours assénés à coup de pompes médiatiques opèrent un dédoublement du réel pour faire accepter le monde de l’ordre abject du pouvoir en roue libre, les mots du poète Paul Valet [1] résonnent comme un refus viscéral et tranchant. Au lendemain d’un week-end où à Lyon les néo-nazis de France et de Navarre ont pu défiler bras tendu sous protection policière, c’est ainsi que nous avons lu ce texte extrait de Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ? publié en 1983.






